Vol au-dessus d'un nid de caca
Le nouveau Flight Simulator n'aura pas seulement relancé la simulation de vol sur PC, explosé les limites de ce qu'on savait graphiquement possible et fait naître un sourire sur le visage jusque-là austère d'ackboo. Il nous aura aussi donné à voir quelques-uns des plus beaux bugs de ces dernières années. Par exemple, suite à une erreur dans la base de données ouverte OpenStreetMap qu'a utilisée Microsoft (il était indiqué qu'un immeuble de bureau de 2 étages en comptait 212), la banlieue de Melbourne a été agrémentée d'un immense monolithe sur lequel les pilotes virtuels s'amusent à se poser. Parmi les autres curiosités, on trouve aussi la silhouette d'un avion, photographiée par le satellite, qui a été intégrée à la texture du sol, des glaciers de six kilomètres de haut et des villes recouvertes de gigantesques monticules de terre. LFS
Vous pensiez que la flambée du prix de la RAM était la seule mauvaise nouvelle pour le hardware cette année ? Si seulement ! On découvre également que le cuivre est passé de 9 000 dollars la tonne il y a un an à un record historique de plus de 13 000 dollars la tonne aujourd'hui. Les blocs de refroidissement dans nos machines en ont besoin et, à ce rythme de mauvaise nouvelles, une config de joueur pourrait devenir un véritable coffre-fort. P.
HBO va produire une série télévisée Baldur's Gate, réalisée par Craig Mazin, le showrunner de The Last of Us. Elle racontera la suite du jeu de Larian, mais il n'est pas précisé si des romances avec des ours sont au programme. P.
Guillemotine
Après avoir annulé tout un tas de jeux, dont le remake de Prince of Persia : les sables du temps, et dégraissé ses équipes, Ubisoft continue sa cure d’amaigrissement. Nos confrères et amis d’Origami révèlent que l’éditeur français met fin au projet AC League, développé par sa branche d’Annecy. Un potentiel DLC qui ajoutait du contenu multijoueur pour Assassin’s Creed Shadows et aurait servi à intégrer une composante multi dans les futurs projets de la série. L’équipe avait réfléchi à plusieurs autres options, dont celle d’en faire un jeu autonome au scope plus restreint. Une réunion chez Vantage, la filiale d’Ubisoft cofinancée par Tencent et dirigée par Charlie Guillemot a mis fin aux réflexions en coupant net le projet, tout en demandant à un petit groupe de développeurs : « Faites-moi un petit doggy bag des évolutions techniques imaginées et je mangerai peut-être ça plus tard, dans des modes coop'. » P.
Les gens sont méchants
Highguard, jeu de raid en PvP mis en lumière aux derniers Game Awards, vient à peine de sortir que Wildlight doit déjà commenter la toxicité des réactions, disons, mitigées des joueurs. Le CEO explique que « c’est un vrai défi », ce qui est une manière polie de dire que certains ont accueilli le jeu avec la grâce d’un troll sous amphétamines. Selon Bloomberg, ils avaient prévu une sortie plus discrète, mais l'offre de Geoff était difficile à refuser. Wildlight assure qu’ils apprennent, qu’ils s’adaptent, qu’ils veulent faire mieux. Admirable. Mais dans un monde où la moindre sortie multijoueur déclenche instantanément un concours de qui criera le plus fort « dead game », on se demande si Highguard n’a pas simplement découvert la règle numéro un du lancement moderne : peu importe ce que vous faites, Internet vous déteste déjà. Bref, Wildlight veut calmer la toxicité. Bonne chance à eux. On a vu des gens tenter de dompter des tornades avec un parapluie. P.
Qui aime bien...
Steven Allison, vice-président et directeur général de l’Epic Games Store, est un homme lucide et franc. Pour preuve, son analyse, chez Eurogamer, de l’état du launcher qu’il dirige : « Le gros problème, c’est que le lanceur est nul. Disons les choses comme elles sont. Il est vraiment lent. » Selon lui, de nettes améliorations seront visibles vers mai ou juin, l’architecture étant en pleins travaux. Bon, d’accord Steven, mais tout n’est pas noir, par exemple, que pense-t-il de l’aspect social de l’EGS ? « Notre boutique ne propose aucun aspect social, contrairement à d’autres plateformes qui permettent de communiquer avec ses amis. Nous avons tout simplement supprimé cette fonctionnalité pendant la pandémie de Covid et nous ne l’avons jamais réintégrée », martèle-t-il sans pitié. Il promet que toute son équipe travaille d’arrache-pied pour rattraper leur retard. L’interview prend fin alors qu’il doit partir chercher ses enfants à l’école « pour les emmener à leurs cours particuliers. Ils sont un peu cons mes mômes, surtout le petit dernier qui n’a pas la lumière à tous les étages, mais on s’en occupe ». Trop franc Steven, trop franc. P.
Comme un arbre dans la ville
Iceflake Studios, (Surviving the Aftermath), le nouveau studio en charge de Cities : Skylines 2, après que Colossal Order s'est fait retirer le bébé par Paradox pour mauvais traitement, commence son opération « soins et relooking » du jeu. Une toute nouvelle interface plus claire, des retouches sur le cycle jour/nuit, un système de nuages retravaillé, tout cela devrait arriver mi-février, et n’être que le début de tout un tas de patchs correctifs. C’est louable, mais, après tout ce temps perdu, suffit-il de rénover le parc municipal de Mulhouse pour en faire une ville agréable, ou est-ce trop peu et trop tard ? P.
Jade Low
Fawzi Mesmar, le réalisateur de Beyond Good and Evil 2, nous rassure suite au plan soci à la restructuration d’Ubisoft, avec un message sur Linkedn : « Moi-même, mon équipe et notre projet Beyond Good and Evil 2 ne sommes pas affectés par ces changements. » Le jeu échappe donc à la vague d’annulation et se retrouve intégrée à la quatrième des cinq « maisons créatives ». Si vous voulez mon avis, je pense juste qu’Ubi a totalement oublié que Fawzi bossait sur cette arlésienne avec Gégé et Bernard, dans leur petit bureau paumé sous les escaliers, et qu’ils vivent désormais dans la peur d’être découverts par un Yves Guillemot parcourant les couloirs vides à la recherche d’économies possibles. P.
Agence aucun risque
En bons lecteurs de Canard PC, vous n’êtes pas sans savoir que le Fonds public d’investissement saoudien a récemment quécro Electronic Arts pour la bagatelle de 55 milliards de dollars. Tout ça est bien beau, mais, outre-Atlantique, une partie de la classe politique se demande si cette histoire est bien raisonnable. Plus de 40 membres du Congrès américain ont ainsi écrit une lettre au dirigeant de la Federal Trade Commission (l’agence de régulation habilitée à décider si, en effet, c’est bien raisonnable) pour l’inviter à jeter un coup d’œil aux nombreux risques que ce rachat pourrait faire peser sur l’emploi et sur la compétitivité de l’industrie étatsunienne du jeu vidéo. À n’en pas douter, le patron de la FTC (nommé par Donald Trump) va regarder avec la plus grande indépendance le bien-fondé de ce deal dans lequel Jared Kushner (gendre de Donald Trump) a de nombreuses billes. K.
Après la restructuration et le retrait du télétravail, qui ne passe déjà pas auprès de la représentation syndicale, Ubisoft annonce une suppression de 200 postes au siège francilien de Saint-Mandé. Les syndicats aussi ont une annonce de leur cru : une grève monstre du 10 au 12 février. K.
Avec des amis comme ça…
Les spots promotionnels aux Game Awards coûtent cher, en particulier celui qui est diffusé juste avant la révélation du jeu de l’année. Tout le monde fut donc déconcerté quand, à ce moment précis de la précédente cérémonie, Geoff « à la minute » Keighley a présenté Highguard, un hero shooter en free-to-play bizarre au lieu de, je ne sais pas, GTA 9. La bande-annonce ayant été très mal reçue par le public, les développeurs essayent d’arrondir les angles dans une interview pour Kotaku. Non, ils n’ont pas recouvert Geoff d’or, mais ce dernier, qui les aime bien, leur a proposé la place gracieusement. Eux qui voulaient initialement « une sortie surprise » semblent ne pas avoir su dire non et doivent désormais gérer la mauvaise image d’un potentiel nouveau Concord. Bon courage en tout cas pour inverser la tendance : sorti le 26 janvier, le jeu se fait étriller dans les avis Steam. K.
Recompile poils
En 2024, un certain Wiseguy plie le game en publiant un outil magique qui prend une ROM Nintendo 64 d’un côté et recrache du code en C de l’autre. Un processus ouvrant la voie aux portages PC (avec 4K, 120 FPS, ray tracing, mods et tout le tralala) qui, auparavant, demandait à plusieurs experts de rester concentrés très fort pendant littéralement des années pour être complété à la main. Cette percée a entretenu les espoirs que ce procédé jusque-là si lourd puisse bénéficier à autre chose que les Mario et les Zelda. Et c’est ainsi que, sans prévenir, Wiseguy s’est pointé comme une fleur ce 24 janvier pour annoncer Banjo-Recompiled, la recompilation du Banjo-Kazooie de 1998. Bien entendu, il vous faudra une ROM obtenue de manière légale (je vous fais une confiance aveugle) pour pouvoir profiter de ce qui se présente comme la version définitive de ce classique. K.
L’heure de la grosse Commission
Avec l’annonce de 1 294 188 noms vérifiés sur le million requis, Moritz Katzner, un des bénévoles du mouvement Stop Killing Games, confirme sur Reddit que la barre a été définitivement franchie et que la demande va être examinée de façon formelle par la Commission européenne. Mieux que ça, avec un taux de signatures invalidées arrêté autour des 10 %, la pétition qui réclame aux éditeurs de cesser de nous vendre des jeux au prix fort avant de les rendre inopérants quelques années plus tard fait partie des démarches les plus fiables en la matière. C’est désormais tout un dossier qui doit être remis à la Commission : des documents et des stratégies qui ne peuvent, pour le moment, pas être dévoilées par l’équipe, car cela pourrait « faire fuiter des informations aux lobbys » qui sont évidemment, et sans surprise, vent debout contre cette proposition au bénéfice du consommateur. K.
Juge et parties
Voler de l’or, de surcroît avec un prix de l’once qui atteint des sommets, c’est évidemment puni par tout magistrat qui se respecte. Mais qu’en est-il de l’or de jeu vidéo ? C’est la question qu’a tranchée le juge britannique John Popplewell au détour de l’affaire d’un ancien employé de Jagex, l’éditeur d'Old School RuneScape, qui a hacké 68 joueurs afin de les délester de leur métal jaune virtuel, avant de revendre contre quelques bitcoins le fruit du larcin estimé à 700 000 dollars. La décision du 14 janvier, sacrément développée, considère que oui, et souligne de nombreux aspects techniques qu’on ne va pas détailler ici, mais il est entendu que farmer de l’or dans OSRS, c’est long sa mère, et qu’une fois qu’on t’a piqué ton or, ben, tu peux plus t’en servir. Le juge ne punit cependant pas le vol sur les PNJ, ce qui, d’après certaines ONG, reste une véritable injustice. K.
Tenu en haute esteam
Si d’aventure il vous venait l’envie de travailler pour Pocketpair, le développeur japonais derrière Palworld (ce mélange étrange entre Ark et Pokémon) et Craftopia (un ersatz de Zelda : Breath of the Wild), j’espère pour vous que vous n’avez pas touché à trop de manettes, au risque de ruiner vos chances. Car figurez-vous que, dans une discussion publiée sur les réseaux sociaux et rapportée par Automaton, Takuro Mizobe, le patron, explique que leur premier réflexe dans leur processus de recrutement, c’est de jeter un coup d’œil aux nombres d’heures que vous avez passées sur des jeux Steam. Le boug va jusqu’à préciser que, même si vous avez une expérience similaire sur PlayStation ou Xbox, vous serez refusé si vous n’avez aucune heure sur Steam. Étonnant, je m’étais dit que, pour recopier les devoirs de Pokémon et de Zelda, le prérequis aurait été plutôt d’avoir passé du temps sur Switch. K.