Il faut croire que, pour atteindre le statut d’œuvre culte, un jeu vidéo a tout intérêt à mettre en scène un héros mutique. Gordon Freeman dans Half-Life, Link dans The Legend of Zelda, Jacket dans Hotline Miami… même Super Meat Boy (le plus grand jeu de plateforme de tous les temps, est-il encore utile de le rappeler) refuse de faire parler son héros. C’est peut-être la raison pour laquelle D-Pad Studios n’a pas donné la parole à Otus, le héros de Owlboy. Un héros qui n’a pas vraiment la carrure de ses ambitions car voyez-vous, Otus est un adorable enfant-chouette mais il n’est pas bien dégourdi. Sa maladresse est mise en avant dès les premières secondes, tout comme son incapacité à voler correctement – un comble dans son village aérien. Et pourtant, à mesure que vous avalerez les huit heures qui vous séparent de la fin du jeu, Otus deviendra un tout autre personnage. Après sa grande aventure (qui finit bien loin de la petite bourgade bucolique et verdoyante du départ), Otus aura vécu, souffert, ri, pleuré, appris, et vous ne le regarderez plus du tout comme une petite chouette gauche et empotée. En huit heures, Otus va devenir plus qu’un héros de jeu vidéo. Otus va devenir votre copain. En témoigne la terrible dépression post-générique dont je souffre maintenant que je réalise que mon voyage en sa compagnie est terminé.