Quel triste destin que celui de Street Fighter V, sacrifié par Capcom sur l’autel de la précipitation. En sortant de toute évidence trop tôt, amputé de nombreux modes de jeu et handicapé par un mode online cahotant, le cinquième épisode de la célèbre franchise s’est mis à dos de nombreux joueurs qui lui ont préféré des jeux mieux finis comme Guilty Gear Xrd ou King of Fighters XIV. Et bien que Capcom, au fil du temps, colmate les trous à coups de patchs et de cadeaux pour ses joueurs (sous forme de dotations en monnaie in game), le titre ne profite pas de l’engouement massif qu’a pu connaître Street Fighter IV en son temps. Toutefois, l’éditeur japonais ne lâche pas l’affaire (encore heureux, diront certains) et continue de mettre le jeu à jour, notamment grâce à des grosses modifications, comme celles apportées le 30 mai dernier.

Hormis l’arrivée d’un nouveau personnage (Ed, l’un des premiers combattants de la série à ne pas posséder de coups spéciaux classiques) et d’un nouveau champ de bataille situé en Espagne, la plupart des changements relèvent plus de l'ajustement. Quelques rééquilibrages par-ci, une amélioration du netcode par-là et surtout, de nombreuses modifications du jeu en ligne. Les joueurs coupables de rage quit ne sont toujours pas sérieusement pénalisés mais une petite icône s’affiche maintenant sur le profil des coupables, qui devraient se retrouver entre eux grâce à une amélioration du matchmaking. En parlant du matchmaking, ce dernier a également été amélioré. On trouve des adversaires plus rapidement, les temps de chargement ont été raccourcis, ce qui est loin d’être anecdotique dans un jeu où l’on enchaîne de courtes parties. Enfin, Capcom a travaillé sur un point de détail qui pouvait s’avérer incroyablement frustrant : la gestion des amis. Il est dorénavant possible d’ajouter un ami sur le CFN (le système online de Capcom) d’un simple bouton, fonctionnalité honteuse absente avant la mise à jour.

Les joueurs échaudés par Street Fighter V peuvent donc y revenir sans se boucher le nez ni s’inquiéter de la qualité de ses infrastructures. Encore faut-il qu’ils ne soient pas tombés entre-temps dans des jeux au lancement plus réussi, comme Tekken 7 ou Injustice 2.