| Modifié le le 25 mai 2021
« C'est au pied des vieux pots qu'on reconnaît les sept ans de malheur des meilleures soupes », disait ma grand-mère, que les médecins gavaient de psychotropes du matin au soir depuis le jour où elle avait tenté de dévorer vivant son propre chat. Je n'ai jamais compris ce que cela voulait dire, mais cela a sans doute un lien avec tous ces jeux qui, de manière plus ou moins assumée, marchent dans les traces de leurs illustres prédécesseurs. Mettez-vous à l'aise, on est ici dans la section « charentaises » des jeux de gestion à venir.
Tropico 6.
Être dictateur, c'est quand même le pied. C'est à notre connaissance le seul job dans lequel les offenses au bon goût vestimentaire et capillaire ne font l'objet d'aucune remarque ni d'aucune sanction (avec journaliste de jeu vidéo, NDLR). C'est aussi un boulot où le véritable effort consiste à faire en sorte que rien ne change. Un credo respecté à la lettre par El Presidente dans la saga Tropico, célèbre city-builder de république bananière qui a enchaîné des années durant des suites qui se ressemblaient toutes. Mais pour le prochain, une lueur d'espoir brille dans les yeux du bon peuple. Le studio Limbic (Heroes of Might and Magic VII) a repris le flambeau des Bulgares de Haenimont (qui développent Surviving Mars, dont on parle plus loin) et le Tropico nouveau apporte une innovation notable, puisque ce n'est plus sur une seule petite île que le joueur bâtira son paradis totalitaire, mais sur un archipel entier. Sur les premières images, on a pu apercevoir la variété des cailloux qui le composeront (une île volcanique et un atoll de carte postale, notamment). La nouvelle topographie accentuera l'importance des transports – ponts, tunnels, bus, tramways et même des téléphériques – et quand El Presidente ne sera pas occupé à personnaliser son luxueux palais ou à effectuer des virements bancaires en Suisse, il pourra ordonner des braquages à l'étranger visant à dérober des monuments, comme la tour Eiffel ou la statue de la Liberté, afin de donner un coup de pouce au tourisme local. Et comme le ton a l'air toujours aussi idiot et absurde, on a un peu hâte.Développeur : Limbic Entertainment (Allemagne) – éditeur : Kalypso – sortie : 2018
Rise of Industry.
Celui qui s'est d'abord fait connaître sous le nom de Project Automata joue à fond la carte Industry Giant dans ce bon vieux tycoon à l'ancienne, tellement à l'ancienne qu'il opte pour la vue isométrique, so 90's... Dans la société du début du XXe siècle, transformer sa toute petite entreprise en empire industriel impliquera de gérer l'extraction de matières brutes, leur acheminement par voie routière, ferroviaire, aérienne, etc., leur transformation en produits finis ou intermédiaires (du blé pour les élevages, des oranges pour des jus de fruits…), l'approvisionnement des différentes centrales d'achat ou détaillants dans les différentes villes. Il n'offrira pas de quoi prendre des screenshots pour faire des fonds d'écran, mais Rise of Industry pourrait néanmoins exciter les maniaques de la logistique et autres fétichistes des lignes d'approvisionnement.Développeur : Dapper Penguin (partout dans le monde) – éditeur : Kasedo Games – sortie : août 2018 (début 2018 en accès anticipé sur Steam, mais disponible à l'achat en pré-alpha sur le site officiel pour les plus fous, aventureux ou impatients)
Railway Empire.
Trois secondes. Allez, quatre à tout casser. C'est le temps maximum que le toxicomane ferroviaire peut passer devant la bande-annonce de Railway Empire avant de hurler « Railroad Tycoon ! » de façon quasi orgasmique. Depuis le troisième épisode de cette saga en 2003, sa relève s'est fait attendre, alors Railway Empire a dressé un cahier des charges qui caresse le junkie dans le sens du rail : construction de voies et de gares, achats et entretien des locomotives, investissements industriels ou financiers (boursicotage, pour acheter des actions des compagnies concurrentes), gestion complexe des aiguillages et voies de dégagement, désactivable pour les pieds-tendres. Et s'il semble ne proposer qu'un seul théâtre – l'incontournable conquête de l'Ouest des États-Unis au XIXe siècle –, il cherche à se rattraper en intégrant quelques nouveautés. En vrac, citons la gestion du personnel, de la sécurité, du sabotage, des arbres technologiques, de l'espionnage industriel. Cela paraît presque trop beau pour être vrai alors ne négligeons pas les règles de prudence élémentaires, d'autant que le studio qui se trouve aux manettes a jusqu'à maintenant fait preuve, avec Patrician 4, Port Royale 3 ou Grand Ages Medieval, d'une impressionnante constance dans la médiocrité.Développeur : Gaming Minds (Allemagne) – éditeur : Kalypso – sortie : 1er trimestre 2018
Ostriv.
Pssst ! Vous avez aimé Banished ? Les cabanes mal isolées, la famine, la gale, tout ça… C'était bien, hein ? Alors gardez un œil sur Ostriv, autre jeu développé par un seul homme, qui vous confiera la destinée d'un village ukrainien au XVIIIe siècle. Vos gueux auront à faire pousser leurs récoltes, tout en pratiquant la rotation des cultures pour ne pas appauvrir les sols, à élever leur bétail et leurs chevaux de trait, à commercer avec le monde extérieur… Les vidéos de la pré-alpha dévoilent un jeu à la fois mignon et moche, un peu comme un chaton angora fraîchement énucléé. Mais la force d'Ostriv devrait se trouver ailleurs : dans le large éventail de besoins des villageois – ainsi que dans leurs réactions potentiellement violentes face au manque – mais aussi dans la construction, entièrement manuelle et libre des bâtiments, champs, barrières, et ce sur tous types de sols même en pente. Idéal pour les psychotiques anarchistes qui détestent les angles trop droits et les ruelles trop alignées.Développeur/éditeur : Ostriv Game (Ukraine) – sortie : alpha attendue cet automne
Et aussi…
Anno 1800 : on en a déjà parlé dans le Canard PC du 1er septembre, alors contentons-nous d'en rappeler les éléments importants. D'abord, que la saga retourne au contexte non futuriste qui lui allait définitivement mieux au teint. Ensuite, que les premiers aperçus laissent fortement supposer qu'elle abandonne les velléités de simplification outrancière du dernier épisode. Sortie : hiver 2018Jurassic World Evolution : après le formidable travail accompli sur Planet Coaster, son simulateur de parc d’attractions, on est un peu émoustillé à l’idée de voir Frontier travailler sur un spin-off à licence Jurassic Park, avec conception génétique de dinosaures. Surtout si l’enclos des tyrannosaures peut montrer des signes de faiblesse. Sortie : juin 2018
Evil Genius 2 : la suite inattendue du sympathique Dungeon Keeper sauce super-vilain jamesbondesque sorti en 2004. Encore plus inattendu, c'est le studio Rebellion, plus connu pour ses radiographies de nazis morts dans Sniper Elite, qui s'y colle. Sortie : NC
Pizza Connection 3 : une vieille licence de tycoon à l'ancienne qui sent la naphtaline – et le pepperoni dans ce cas précis – exhumée pour d'obscures raisons. La recette calzone-mafiosi des deux premiers épisodes (1994 et 2001) n'ayant pas bouleversé les foules, on est plus curieux qu'impatients. Sortie : printemps 2018