C'est l'échec qui donne tout son sens à Enterre-moi, mon amour (EMMA). Avant l'échec, dans la peau de Majd, resté à Homs en Syrie, on suit les pérégrinations de son épouse Nour, migrante qui tente de rejoindre l'Europe. Le voyage est dur, les conditions de vie difficiles, mais ce qu'on en voit, dans la discussion entre Nour et Majd (puisqu'EMMA simule une app de messagerie), c'est surtout la banalité du quotidien et du couple. Au point qu'on aimerait presque (j'en suis le premier gêné) qu'il se passe plus de choses, même si on s'inquiète parfois quand Nour n'écrit pas durant de longues heures. L'écran de fin, l'échec après un mauvais conseil au mauvais moment, remet les choses à leur place : le voyage de Nour s'arrête brutalement, sans avertissement, et rappelle que, malgré les apparences, ce voyage n'avait rien de normal. Alors on recommence en choisissant une autre route, jusqu'à espérer une fin plus heureuse.