Une pluie glaciale fait ruisseler de l'eau sur ma nuque musclée. Mon manteau en fourrure d'ours sauvage est trempé. Malgré mes bottes magiques (+8 en armure, +15 de résistance aux dégâts de feu), j'ai les arpions qui baignent dans la flotte. Au-dessus de ma tête, le ciel est si bas que mon cheval s'est pendu, et moi j'ai envie de m'empaler sur mon épée de paladin niveau 18. Cette situation dramatique, chaque joueur l'a déjà vécue au moins une fois. Skyrim en est peut-être le pire exemple. Les régions les plus sympas rappellent le Nord-Pas-de-Calais en décembre. Les autres sont carrément recouvertes de neige, avec brouillard et tempête en option. J'ai une seule question : pourquoi ? Oui, pourquoi nous imposer des temps de gueux dans ces jeux censés nous divertir, nous détendre, nous faire oublier la grisaille du quotidien ? Tenez, là, je regarde par la fenêtre. C'est Paris. C'est l'hiver. La luminosité décline à partir de 14 heures, une vieille drache balaye un ciel bouché, il fait six degrés dehors. Ça me fout le cafard. Quel intérêt à lancer un jeu vidéo qui me balance dans la même ambiance ?