En ce jeudi de décembre, dans la salle A12 du conseil de prud’hommes de Paris, l’ambiance est un tantinet tendue. Certes, les prud’hommes, qui s’occupent de régler des litiges entre salariés et employeurs, ne sont jamais particulièrement décontractés. Mais pour la dernière affaire de cette après-midi-là, le conseil, deux représentants des salariés, deux représentants des employeurs, doit s’exprimer sur un dossier inhabituel à plusieurs titres. Le secteur d’activité d’abord : c’est l’ancien responsable du service informatique d’une entreprise de jeux vidéo qui se retourne contre son employeur. L’entreprise en question s’appelle Quantic Dream. Ce bon élève de l’industrie vidéoludique française, qui travaille avec Sony à la sortie de Detroit : Become Human, son prochain jeu, existe depuis 1997. Il a ses locaux dans l’Est parisien. Le salarié reproche essentiellement à sa direction sa gestion d’une crise entre ses pairs et lui. C’est ensuite l’origine de la crise qui éloigne un peu plus l’affaire de la litanie de litiges auxquels ces murs sont accoutumés.