Tous les lecteurs de Canard PC connaissent Eugen Systems. Le studio parisien est abonné dans nos pages aux bonnes notes. Considéré par l’ensemble du milieu comme un développeur sérieux, il a travaillé, sur ses jeux de stratégie militaire, avec des éditeurs de renom : Atari pour Act of War (2005), Ubisoft pour RUSE (2010), Focus pour la série des Wargame (2012 à 2014) puis Act of Aggression (2015) et, désormais, Paradox pour Steel Division (2017). Le studio jouit aussi de la confiance de ses pairs, qui depuis 2011 lui ont attribué plus d’un million d’euros d’aides, via le Fonds d’aide au jeu vidéo (FAJV) du CNC. Alexis Le Dressay, directeur général du studio, siège d’ailleurs depuis 2016 à la commission du même FAJV. Eugen Systems a également la réputation de ne pas se lancer dans de grandes courses aux heures supplémentaires en fin de production (le fameux crunch dont nous vous parlions dans le dernier numéro) et même d’adopter vis-à-vis des horaires de travail une précision horlogère. Dans un monde professionnel où le temps des travailleurs est souvent considéré comme une denrée infinie qui se doit d’être entièrement mise à disposition de l’employeur, c’est une attitude à saluer. Cela n’empêche pas l’entreprise d’être en proie à un conflit social sourd depuis plus d’un an.