Ma passion adolescente pour les pièces détachées informatiques et les coups de tournevis m’a fait contempler, quelque temps, la possibilité d’une carrière dans la prestigieuse industrie de l’assemblage de PC. Le destin en a voulu autrement, mais chaque fois que je dois monter une nouvelle machine, je reste excité comme un gosse. Il y a l’attente du facteur qui doit apporter un gros carton rempli de friandises. L’odeur enivrante d’une carte graphique tout juste sortie de son emballage antistatique. La sensualité troublante d’un PC nu, sans fard, sans artifice, dont on retire lentement le capot latéral. Cette sensation troublante lorsque l’on rabat le levier du socket CPU, et que l’on sent chaque broche métallique du processeur pénétrer avec douceur les petits trous de connexion. Et les câbles d’alimentation ! Les nappes SATA ! Quel plaisir ! J’adore optimiser leur placement, les camoufler pour donner un maximum d’élégance à l’ensemble. Puis, enfin, l’apothéose. Le premier démarrage. Ce triomphe total lorsque l’écran du BIOS apparaît, après plus d’une heure de boulot. Le machin ne m’a pas sauté à la gueule. Tout fonctionne. Les branchements sont bons. Quel bonheur. J’aime tellement ça que dans ma vie, j’aurai finalement monté beaucoup plus de PC que d’humains, et je n’ai aucun regret.