Un moment ils étaient là, et puis l’instant d’après ils s’étaient évaporés. Comment 2 % de la population mondiale ont-ils pu disparaître en une demi-seconde, par un beau jour d’octobre, sans laisser aucune trace ? Comment ? La question n’a pas d’importance. Pas pour nous. Bien sûr, elle en a pour ceux qui restent, les leftovers. Après tout, ils vont se battre avec le doute et le deuil. Ils vont cohabiter avec cette incertitude lancinante qui empoisonne tout. Ils vont tenter de se reconstruire et de chercher du sens là où il n’y en a pas, et ce sera comme regarder un accident au ralenti, un accident qui durera trois saisons, sans jamais qu’on puisse détacher notre regard. Ce sera un Lost à l’envers, où le mystère deviendra moins important que les souffrances et les espoirs de ceux qui l’ont vécu. Portée par des acteurs et actrices incroyables et de sublimes mélodies de Max Richter, la série est si poignante et sa conclusion si brillante qu’on lui pardonne volontiers ses rares moments un peu trop mystiques.