La lovecraft-mania est fatigante. Qu’un auteur aussi génial, auteur d’une œuvre dont la portée psychologique et symbolique compte parmi les plus riches de la littérature fantastiqueNote : 1 soit aujourd’hui réduit à une poignée de gimmicks céphalopodesques et de Cthulhu en peluche est désolant. Mais Lovecraft est devenu une telle référence, et son univers le patron du récit d’horreur moderne, que dès qu’une adaptation s’écarte un peu des rails ultra calibrés auxquels vingt ans d’exploitation nous ont habitués, ça sonne faux. Par exemple, dans The Sinking City, le protagoniste, un détective venu enquêter dans la ville d’Oakmont, Massachusetts, croise la route d’hybrides hommes-poissons venus d’Innsmouth. Et il leur cause. Tranquille. Pas inquiet pour un sou devant leur teint de start-upper sorti de sa douzième conf’ call de la journée. Non non non, râlé-je, ça ne va pas, ça ne devrait pas être comme ça ! Et quand, plus tard, le même protagoniste hallucine des tentacules surgis du fond d’une rivière, là je peste : cliché ! cliché ! On n’est jamais content.

Note 1 : « Lovecraft est un réaliste », écrivait Jacques Bergier, qui voyait loin même si pas toujours droit.