Voilà trente bonnes secondes que la colline B nous résiste. Il y a de quoi être contrarié : à l’échelle de Battlefield V, cette demi-minute correspond à une âpre lutte de plusieurs années. Depuis les bunkers du sommet, les nazis font pleuvoir un déluge de feu sur les soldats éparpillés qui s’élancent dans les pentes enneigées. Personne ne semble élaborer de stratégie plus fine que « on réapparaît et on se jette aussitôt dans la mêlée », alors je tente de prendre les choses en main comme je l’aurais fait dans Arma. « L’ORBAT ne sert à rien », que je hurle à un coéquipier occupé à monter à l’assaut. « Il faut étendre la FCZ… Monter un JAAT, quoi ! » Il se retourne et me lance : « Ah ouais ? TG, pour voir, FDP ! » « Désolé, je ne comprends que la terminologie OTAN », que je lui réponds en haletant. « NTM », assène-t-il d’un ton furieux avant de se prendre une balle dans la tête. Je ne saurai jamais ce que son jargon signifiait.