« Bon, les cercles bougent et tu dois te déplacer sur leur contour pour atteindre la fin du niveau.

— Oui, bon bah ça va, c’est pas bien sorcier votre jeu à énigmes là.
 »

À l’écran, mon curseur glisse avec agilité le long des cercles et change automatiquement de route lorsque deux courbes se croisent. Il n’y a que ça à l’écran : des cercles qui pivotent ou qui grandissent, sur un fond flou et reposant.

« Et maintenant, attention, il y a des cercles violets, qui se figent quand tu restes dessus, des cercles jaunes qui rétrécissent quand tu les touches et des cercles noirs qui te tuent quand ils te rattrapent.

— NON MAIS ÇA VA PAS BIEN NON ? Vous m’avez pris pour qui ? Netsabes ? Maria Kalash, peut-être ? Vous vous foutez de ma gueule ?
 »

Voilà ce que j’ai répondu – dans ma tête, en continuant d’afficher un grand sourire crispé – aux développeurs d’Oqo qui m’expliquaient leur jeu. Avec le recul, heureusement que je n’ai pas vraiment tapé un scandale. D’abord parce que les Toulousains de Lance et 3-50 gardaient de bonnes bières au frais, ce que je n'ai su que plus tard. Ensuite parce que même si les jeux abstracto-puzzlesques me rebutent, il faut bien admettre qu’Oqo envoie du pâté. Le jeu alterne les moments nerveux – où il faut chevaucher les cercles dans un ordre bien précis pour arriver à bon port – et les phases plus calmes, où une raie manta toute en bulles propulse gentiment notre curseur à travers l’espace. Il faut le surveiller de près, parce que s’il m’a convaincu, moi, le réfractaire aux énigmes, c’est qu’il a des arguments sérieux à faire valoir.