Ah, c’était plus fort qu’eux : tous ces enseignements tirés de la monétarisation des jeux sociaux et des free-to-play, raffinés et décuplés sur les jeux mobiles, il fallait absolument qu’ils les utilisent sur les jeux payants pour augmenter leurs revenus. Comme il fallait s’y attendre, l’affaire a fini par leur sauter à la figure fin 2017 et ce fut le grand émoi des loot boxes (littéralement « boîte à butin », voir notre dossier complet de l’époque dans le Canard PC n°369) : les joueurs se cabrèrent tellement face à la succession de jeux « triple A » intégrant des loot boxes payantes que la polémique fut audible en dehors du milieu du jeu vidéo et alerta les médias plus généralistes (juste avant les achats de Noël, le timing était parfait).
En France, le sénateur Jérôme Durain, en pointe sur les problèmes du jeu vidéo puisque déjà co-auteur d’un rapport parlementaire sur l’organisation de l’e-sport, s’était saisi de la question le 16 novembre 2017 en interrogeant le gouvernement et l’Autorité de régulation des jeux en ligne (ARJEL, qui s’occupe des jeux d’argent) sur les relations entre loot boxes et jeux d’argent. Une interrogation tout à fait légitime qui lui a pourtant valu à l’époque des coups de fil extrêmement courroucés d’un syndicat représentant l’industrie vidéoludique française.