La première fois que j'ai lancé Stone Story, une pluie de gouttelettes de sueur a ruisselé de mon front. Dans l'open space de Canard PC, seuls les jeux les plus beaux échappent aux quolibets brutaux d'ackboo, que les milieux autorisés connaissent aussi sous le nom de « l'homme aux mille shaders. » Je m'attendais à devoir défendre Stone Story âprement jusqu'au bouclage, en esquivant les moqueries perfides de Kahn « Michel-Ange » Lusth et de Louis-Ferdinand Sébum, qui chantonne régulièrement « l'ASCII, c'est fini, et dire que c'était notre premier amour » en collant 3/10 à des rogue-like alaskains. En n'utilisant que l'ASCIINote : 1 pour tout graphisme, c'est sûr, Stone Story me mettait au ban des rédacteurs. Sauf que pendant que je suais à grosses gouttes, il se passa quelque chose d'extraordinaire. Agglutinés derrière mon écran pour observer les images étranges qui y défilaient, mes collègues sont restés silencieux. Ce jour-là, aucun jet de bile ne vint corroder Stone Story. Les jours suivants non plus.

Note 1 : Une norme d'encodage plutôt sévère, qui comprend seulement 256 caractères – chiffres arabes, lettres de l'alphabet latin, symboles mathématiques et signes de ponctuation, auxquels le développeur de Stone Story a rajouté quelques lettres grecques et caractères spéciaux, comme l'étoile ou l'overscore.