Si vous imaginez Robin Wood comme un jeu qui oppose des gentils à des méchants, attendez-vous à tomber de haut. Loin de l’œuvre originale, le jeu d'Alexis Campart nous offre une relecture du mythe, avec une forêt de Sherwood en proie à la paranoïa depuis qu'une rumeur affirme que le shérif de Nottingham et ses adjoints ont infiltré le clan de Robin des Bois. Pour s'en sortir, il faudra être le dernier survivant de la table ou, et c'est plus difficile, localiser Robin des Bois et ses compagnons ou le shérif et ses adjoints. Pour ce faire, une dizaine de cartes sont posées face cachée. Chaque joueur a le droit d'en consulter une pendant son tour, afin de déclencher éventuellement l'effet qui lui est associé. Des effets qui, comme on peut s'en douter, permettent de retourner et mélanger les cartes pour compliquer l'identification de Robin, du shérif et de leurs acolytes. Pour prendre l'avantage, il va donc falloir bluffer en déclarant de temps à autre l'utilisation d'une carte qui n'est pas celle que l'on vient de piocher, au risque de perdre une vie lorsqu'on se fait prendre ou après avoir accusé quelqu'un injustement. Avec un peu de recul, on aurait aimé que chaque joueur puisse incarner un personnage avec un objectif à accomplir, plutôt qu'un péquenot qui peut balancer le shérif ou Robin sans distinction. Quoi qu'il en soit, Robin Wood reste un petit jeu accessible et brillant, qui mélange avec justesse bluff et déduction.