Avant 1999, j'ai quelques flashs. Des sensations, quelques bruits, des odeurs, des images furtives qui traversent mon esprit. Il y avait eu quelque chose sur NES, Skate or Die : il fallait faire des courses, sauter par-dessus des poubelles, éviter des grillages. Puis plus rien, écran noir. Des odeurs de cigarettes : une salle d'arcade, un jeu Sega, Top Skater, avec une fausse planche de skate sur le sol. Avec le recul, je ne peux pas assurer que ces jeux ont existé ou s'ils sont simplement le fruit de mon imagination excitée. Qu'importe. L'an I, c'est 1999, au moment où la station MIR menaçait de s'écraser sur la Terre. Nostradamus l'avait prédit : « Quand la grande maison dans le ciel tombera sur Paris/Après les deux buts de Lilian Thuram/ Antoine Faucon sur son chariot sautera dans les étoiles/Il régnera sur la Terre pendant huit années. » Tony Hawk's Pro Skater, plus qu'un jeu de skate, était un immense flipper où les points se comptaient par milliards, ou le personnage, sur sa planche, rebondissait de la rampe au plafond dans un déluge de flammes, d'effets sonores et de grandes gerbes de lumière. Là où les jeux de skate, auparavant, n'avaient pas su séduire au-delà du cercle des adolescents déjà occupés à se briser les dents sur les marches de la mairie, THPS parvenait à créer un genre sur lequel il allait régner seul pendant huit ans. Vinrent ensuite THPS 2 et une quinzaine d'autres épisodes, trente millions de copies écoulées, avant que les temps ne soient mûrs pour l'an II du calendrier des jeux de skate.