Vous l'attendiez à fond, ce Chronicles of Turlututu IV. Ça devait être le RPG de l'année. Vous aviez déposé vos RTT, stocké le Fanta et les Apéricubes, la semaine allait être grandiose. Et puis le mardi soir, après vos 14 heures de jeu, vous éclatez en sanglots. « C'est pas possible, murmurez-vous entre deux reniflements, comment est-ce qu'ils ont pu faire ça ? » Parce que dans Chronicles of Turlututu IV, qui nécessite de crafter des potions toutes les deux minutes, les ingrédients dans l'inventaire ne sont pas classés par ordre alphabétique. Ainsi, pour trouver Sang de Goule ou Champignon de marais, vous devez patiemment parcourir une liste de 92 ingrédients jusqu'à tomber dessus. Et ça vous rend dingue. Vous n'allez pas arrêter de jouer parce que le jeu est foncièrement mauvais, parce que son scénario est pourri, ou parce que les combats sont trop difficiles. Vous l'abandonnez à cause d'un problème de quality of life. La QoL, comme on dit, ce sont toutes ces broutilles, ces petits éléments d'interface, ces options mineures qui, mises bout à bout, façonnent l'expérience de jeu dans la durée. Quand un développeur nous prodigue ces petites attentions, on ne les remarque pas. C'est quand elles sont absentes qu'elles sautent aux yeux.