J'aurais sans doute réussi si Kahn Lusth ne m'avait pas plaqué au sol, tandis que toute la rédac s'attroupait autour de moi avec des yeux pleureurs, pour me rappeler qu'un bon chef doit savoir se lancer à la bataille aux côtés de ses troupes et que bon, de toute façon, j'étais le seul à y connaître quelque chose – étant l'unique rédacteur à aimer à la fois Diablo III et Path of Exile, ce qui apparemment est un exploit à peu près semblable à celui réalisé par Bill Clinton réunissant Yasser Arafat et Yitzhak Rabin, j'ai été désigné « spécialiste des hack'n'slash » à mon corps défendant.

Trois jours plus tard, me voilà au beau milieu de la riante Belgrade, avec son Danube bleu et ses magasins de surplus militaires bruns, devant la présentation de Pagan Online. La première impression, malheureusement, est conforme à mes attentes. Le jeu ressemble à un Diablo III slave, avec une forteresse tout droit tirée de l'acte 3 du jeu de Blizzard et un équivalent local du skeleton king ; en tout cas jusqu'à ce qu'on zoome sur le personnage, Pagan Online prenant alors des airs de Warcraft III avec ses persos modélisés à la serpe. « Oui, ça ressemble à du Blizzard, c'est voulu, me rassure le producteur. On veut que les joueurs se sentent en terrain connu. Parce qu'ensuite ça se joue très différemment. » C'est le moins qu'on puisse dire. Et cela pour une raison. Enfin, plutôt pour quatre : Z, Q, S, D.