Le 19 mars, Google avait annoncé en grande pompe un service de jeux vidéo dans le cloud fonctionnant sur quasiment tous les appareils (de la TV au PC, en passant par smartphones et tablettes), promettant une fluidité parfaite et du 4K en 60 images par seconde à qui en voulait. Huit mois après exactement, la réalité est assez différente. Ceux qui avaient acheté la « founder’s edition », présentée comme seul moyen de jouer dès le lancement, ne pouvaient pas découvrir le service faute d’avoir reçu leur matériel à temps. Drôle de manière de récompenser les précommandes, mais les approximations ne se sont pas arrêtées là. La manette sans fil vantée comme le centre névralgique de Stadia n’est pas si sans fil que ça, puisqu’il faut (pour le moment, dixit Google) la brancher en USB pour jouer sur un PC ou un smartphone (non, elle n’est pas Bluetooth). Elle ne fonctionne en Wi-Fi qu’avec le Chromecast Stadia (comme vous l’expliquent les copains du hardware dans ce numéro, votre Chromecast Ultra de base ne permet pas d’utiliser Stadia, faute d’être équipé du bon firmware – pour le moment, dixit Google). Vous oubliez le jeu sur tablette ou sur smartphone, sauf si vous possédez un Pixel récent (pour le moment, dixit Google qui dixit quand même beaucoup). Oubliez aussi les systèmes d’achievements ou le partage familial (pour le moment, dixit Google, qui se dixit carrément de notre gueule). Et puis bon, tant que vous y êtes à tout oublier comme ça, vous oubliez les jeux de 2019 aussi, hein, parce que les 20 jeux disponibles datent tous de 2018 (sauf un, la seule exclusivité du système, qui n’a marqué personne).