Avec la surproduction de fast-FPS dont souffre le marché depuis 2016, l'appréciation des shooters est en train de devenir une discipline de fin gourmet, un peu comme l'œnologie. Franchement, pour réussir à différencier cinquante jeux qui se ressemblent tous, où on tire au fusil à pompe sur des ennemis moches en courant dans tous les sens sur une bande-son de métal dégueu, il faut une sensibilité aux détails digne d'un critique d'art. Alors imaginez-moi parler de Prodeus avec une veste en tweed et la bouche en cul-de-poule, soulignant l'usage de sprites en pixels non lissés pour se distinguer de la concurrence qui préfère les modèles 3D low-poly, ainsi que la subtile référence à la version alpha de Doom, avec le casque du space marine qui fait office de hud. Notons également l'insistance des développeurs sur leur éditeur de niveaux qui permettra de bricoler et de partager des cartes directement depuis le jeu. Bon, ok, tout ça c'est très bien, et j'ai beau savoir que j'y jouerai parce que je suis un garçon simple et que de toute façon personne d'autre ne voudra hériter du test, j'ai quand même l'impression que le message de mise en garde sur la page Steam du jeu, « violence fréquente ou gore, contenu générique destiné aux adultes », n'est pas qu'une erreur de traduction.