D’accord, il a un passé tragique. D’accord, il porte un anneau magique. Mais qui voudrait incarner une espèce de vieille larve pâlichonne dont le pouvoir spécial est « s’engueuler avec soi-même » ? Non, vraiment, on ne peut pas dire que le jeu Seigneur des Anneaux de Daedalic ait misé sur une valeur sûre en choisissant Gollum comme héros, et de surcroît à une époque antérieure à la trilogie de Tolkien, histoire qu’on soit sûrs de ne jamais croiser personne qu’on reconnaisse à peu près. J’en étais là de mes réflexions quand Daedalic s’est rendu compte que Gollum n’avait pas une cote de popularité d’enfer et, pour jeter une grosse bûche sur les braises tièdes de l’enthousiasme, a choisi d’en dire plus sur le projet. Bien lui en a pris : on a ainsi pu découvrir que le jeu explore la déchéance de Gollum, peu après qu’il a découvert l’anneau unique, ce qui est un angle plutôt intéressant. On sera témoin de la lutte intérieure entre sa personnalité d’origine, Sméagol, et celle corrompue par l’anneau, Gollum, via des dialogues et certains événements où nos choix renforceront soit le hobbit débonnaire d’antan, soit le boloss albinos que l’on connaît.