Au commencement était un podcast, The Duncan Trussell Family Hour, où le comédien parlait de la vie, de la mort et du reste avec des personnalités qui, une fois n'est pas coutume, avaient souvent des choses intéressantes à dire sur la vie, la mort et le reste. Puis vint Pendleton Ward, le créateur d'Adventure Time, qui décida d'adapter ledit podcast en une série de courts-métrages d'animation, idée a priori étrange, car peu de choses sont moins visuelles qu'un studio où deux personnes assises face à face causent dans un micro. Mais The Midnight Gospel ne nous montre pas deux personnes en train de parler. Chaque épisode met en scène Clancy Gilroy, sorte de podcasteur de l'espace, en voyage sur une planète à deux doigts de la destruction, où il va vivre des aventures surréalistes en compagnie de son invité du jour, dont les répliques sont composées de samples d'un épisode de The Duncan Trussel Family Hour. Et c'est là que réside le génie, difficile à communiquer à qui n'en a jamais vu un épisode, de The Midnight Gospel : l'alliance improbable d'histoires nonsensiques se déroulant dans des univers absurdes et des échanges, à la fois brillants et banals, entre Trussell et son invité. Une guerrière sur son cheval explique qu'elle se sentait seule en arrivant à Los Angeles. Un homme-poisson raconte comment sa spiritualité l'a aidé à survivre en prison. C'est à la fois très proche et très lointain, anodin et essentiel, comme un mythe ou un conte de fées.