Difficile de ne pas être partagé après avoir vu ce nouvel épisode de Borat qui m'a fait pleurer de rire tout en me laissant sur ma faim. D'un côté, le film propose naturellement l'humour débridé de Sacha Baron Cohen en nous racontant comment Borat doit revenir aux États-Unis pour la grandeur du Kazakhstan, avant d'être contraint d'offrir sa fille de 15 ans à un homme politique célèbre pour éviter la potence. Accompagné par une Maria Bakalova magistrale qui joue parfaitement son rôle, même dans les pires canulars, Sacha Baron Cohen entend ainsi critiquer la politique de Trump en le présentant lui et ses proches comme des héros, rendus détestables par la simple énonciation de leurs accomplissements. Mais ce scénario, rentre-dedans lorsque ses caméras cachées parlent politique et touchant lorsque son récit évoque la filiation, n'en reste pas moins survendu avec des canulars finalement peu nombreux et accompagnés de faits timides. Un film dont la structure évoque d'ailleurs Il est de retour, tiré du livre du même nom et bien plus réussi, ne serait-ce que grâce à sa démultiplication de caméras cachées pour appuyer son propos, à savoir la perception d'Adolf Hitler par l'Allemagne d'aujourd'hui. Mais même sans être le flingage tant annoncé, Borat 2 n'en restera pas moins une bonne tranche de rigolade pour celles et ceux qui apprécient l'humour à la South Park.