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Jeu: Stay
Genre: puzzles enchâssés dans une narration
Developpeur: Appnormals Team (Espagne)
Editeur: Pqube
Plateformes dispo: PC Windows
Plateforme test: PC Windows
Config: n'importe quel PC
Langues: français
Date de sortie: 16/05/2018
Telechargement: 700 Mo
Drm: Steam
Prix: 12 €
Stay part d’une idée excellente. Vous êtes derrière votre écran d’ordinateur. Quand je dis vous, c’est à la fois celui ou celle qui lit les pages de ce magazine et le personnage que vous incarnez. Quand soudain, face à ces deux vous, une fenêtre apparaît. En haut à gauche, le flux vidéo d’une webcam. Au milieu de l’écran, une fenêtre de messagerie. Quelqu’un vous parle. Un jeune homme. Quinn. Il vient de se réveiller dans une pièce sombre. Il a besoin de votre aide, il est perdu, confus. Alors vous allez faire ce que tout humain sensé ferait : lui proposer d’appeler la police. Mais il ne sait pas où il est. Alors vous allez laisser parler votre profonde empathie, accepter de lui filer un coup de main et rester derrière votre ordinateur. Parce que quand vous partez, Quinn vous attend. Et si vous partez dormir dix heures, eh bien ce pauvre Quinn va passer dix heures à se morfondre, et croyez-moi quand je vous dis qu’à votre retour il vous fera bien la tronche.

Baraque à freaks.

La majeure partie de votre temps de jeu sera consacrée à la lecture des longs monologues de Quinn. Vous n’aurez jamais l’occasion de l’interrompre, et si vous avez le plus souvent le choix de votre réplique, parmi deux ou trois, ce n’est qu’en d’assez rares occasions. C’est là le premier écueil de Stay. Les divagations de Quinn ont beau s’expliquer par sa fragilité (après tout, moi aussi je serais bizarre si j’avais été kidnappée par un psychopathe façon Saw), on a bien du mal à adhérer à ce personnage, prétendument animé par l’urgence, mais qui multiplie les références aux blockbusters du début des années 2000. Encore plus quand il prend systématiquement la peine de corriger ses fautes de frappe, alors que vous n’attendez qu’une chose, qu’il vous raconte ce qu’il y a autour de lui.

Quinn amann.

Mais ce n’est pas le plus grave. Régulièrement, vous devrez aider Quinn à résoudre des énigmes. Et là, grands dieux, c’est à se taper la tête contre les murs. Cela va du passable (un labyrinthe laborieux) au vu et revu (un mastermind) en passant par les manquements graves aux conventions de Genève du jeu vidéo (un taquin, DEUX images à reconstituer à partir de fragments) et les puzzles aux règles aussi obscures que nébuleuses. C’est tragique, je n’ai pas d’autre mot. Et encore, si l’histoire globale était complètement naze, on pourrait s’autoriser à laisser là Quinn et ses atermoiements verbeux. Mais c’est plutôt intéressant, les décors en pixel art restent choupis, alors on a envie d’en voir davantage et de connaître le fin mot de l’histoire. J’ai en tout cas été incapable de m’épargner ces puzzles pénibles. Et pour quelle récompense ? Pour découvrir qu’avant de débloquer la « bonne » fin il me fallait à présent rejouer, avec à peine la possibilité d’accélérer les cinq heures de lamentations décousues de Quinn. Autant vous dire que je le prends personnellement.

Notre avis

Maria Kalash le 3 juin 2018

| Modifié le le 25 mai 2021

Desservi par un rythme mollasson et des puzzles faméliques, Stay parvient à ruiner tout ce qui faisait le sel de son dispositif : l’urgence supposée à aider Quinn à sortir des griffes de son ravisseur. Le pire c’est que si vous y jouez, vous risquez d’avoir du mal à le lâcher. Mais la déception guette à chaque clic.