Prix : 320 €
Force est de reconnaître que tout le monde attendait une version clairement plus puissante d’une machine au hardware déjà très limité. Rares sont les jeux qui dépassent les 30 images par seconde, quand beaucoup de titres en mode TV se trouvent être en 720p upscalé en lieu et place du 1080p natif, le Tegra X1 de Nvidia peinant souvent à suivre la cadence. Mais le constructeur japonais continue d’aller à contre-courant en se contentant simplement d’un nouvel écran. Point de Switch Pro, donc, mais une Switch OLED à la place, qui dégage la vieille dalle LCD des anciens modèles et apporte au passage quelques petites améliorations bienvenues.

On prend les mêmes et on recommence.

Nous y trouvons donc à nouveau le fameux Tegra X1, dans une version légèrement modifiée par Nvidia pour les besoins de Nintendo. Si le SoC contient bien huit cœurs (quatre Cortex A57, rapides, et quatre Cortex A53, basse consommation – une jolie façon de dire lents –, la console n'utilise que les quatre premiers, avec une fréquence de 1,02 GHz. La partie graphique, basée sur l’architecture Maxwell (celle des GeForce 900 de nos PC), se contente de 256 unités de calcul avec une fréquence variable (307 MHz sur batterie, 768 MHz sur secteur). Le tout est accompagné de 4 Go de LPDDR4, une valeur assez faible. Sur ce point, donc, cette Switch OLED ne devrait donner aucune différence en termes de performances, bien que quelques comportements étranges soient parfois à noter en mode portable, nous y reviendrons. Enfin, la capacité de stockage interne y gagne tout de même un peu : nous restons sur une mémoire flash à base d’eMMC, assez lente dans l’ensemble, mais qui passe de 32 à 64 Go.

Un écran bien plus lumineux.

Évidemment, et comme son nom l’indique, la principale nouveauté de cette ressortie concerne donc l’écran. Alors que la précédente Switch se contentait d’une dalle LCD, avec toutes les limites que cela impose, la version 2021 passe sur de l’OLED. Pour commencer, la dalle elle-même passe de 6,2 à 7 pouces, et occupe donc une place plus importante sur la façade de la console, réduisant l’épaisseur des bords tout en conservant la définition native en 720p. Forcément, la résolution est légèrement inférieure, de 237 pixels par pouce (ppp) sur l’ancien modèle contre 210 ici, mais la différence ne se remarque pas vraiment à l’usage, et se trouve surtout compensée par les apports bénéfiques du passage à l’OLED. En effet, il propose désormais de meilleurs contrastes et une meilleure lisibilité dans les environnements sombres en jeu. À ce propos, Nintendo a caché une nouvelle option dans sa console concernant cet écran. Il est maintenant possible de choisir le niveau de saturation des couleurs dans les paramètres système, et de passer d’un réglage standard à des « couleurs vives » (choisi par défaut), comme l’annonce la console. Cela n’apporte rien de spécial, et risque même de fausser le ton de certaines couleurs en les saturant à l’extrême, mais permet à Nintendo de frimer un peu sur les capacités de son nouvel écran. Un autre avantage de l’OLED est son temps de réponse, théoriquement inférieur à celui du LCD, et qui doit donc réduire les effets de flou de mouvement lors des scènes d’action et améliorer la lisibilité. Dans le cas de la Switch, cela se remarque surtout dans les jeux très rapides ou à défilement horizontal, comme Metroid Dread ou encore Sonic Mania, mais cela contribue à fournir une image globalement plus nette, et donc plus agréable. Enfin, nous espérions que ce changement de dalle apporte une amélioration de l’autonomie, puisque là encore, l’OLED est censé consommer moins que le LCD. Malheureusement, il n’en sera rien : comme pour la Switch originale, n’espérez pas plus de 4 à 5 heures de jeu en mode portable avant de devoir la brancher.

Un petit coup de polish sur la carrosserie.

Au-delà de l’écran OLED, Nintendo en a profité pour donner un côté un peu plus premium à sa console. Les matériaux sont toujours en plastique, mais ils ont désormais cet effet « glossy » qui la rend plus brillante, moins « cheap », et qui retiendra beaucoup plus les traces de doigts. Tant qu’à faire, le constructeur a également réglé tout ce qui n’allait pas dans les précédentes éditions, à savoir les boutons d’allumage et de volume qui deviennent un peu plus gros, des rails qui tiennent les Joy-Con plus fermement en place, et surtout le pied censé maintenir la console debout hors du dock. Celui-ci n’était auparavant qu’un simple morceau de plastique détachable que personne n’utilisait de peur de le casser, il s’agit désormais d’une pièce occupant toute la largeur de celle-ci pour assurer une bien meilleure stabilité. Le dock a lui aussi reçu quelques changements. On y retrouve le hub USB 2.0 sur le côté pour brancher des accessoires, ainsi que les habituelles prises USB-C pour la charge et HDMI pour la sortie TV (limitée au 1080p60). La bonne nouvelle, c’est qu’il inclut un port Ethernet (1 Gb/s en théorie, interfacé en USB en interne) de série, vous permettant de vous passer de l’adaptateur USB pour le réseau ou, pire, d’utiliser le Wi-Fi pour jouer en ligne. Notons que s’il est livré avec la console, il peut également être acheté séparément, et qu’il est totalement compatible avec la Switch originale.

En mode portable, notre Switch de 2017 subit de légers ralentissements qui disparaissent sur la version OLED.
Le Tegra X1 (ou X1+, plus précisément), considéré comme obsolète même par Nvidia, fait son retour sur Switch.

Les mêmes performances que sur les autres Switch ?

Le dernier point que nous voulions aborder dans ce test concerne les performances. En théorie, elles devraient être exactement identiques à celles de la Switch originale, et dans l’écrasante majorité des cas, c’est ce que nous constatons. Les deux consoles s’en sortent et luttent aux mêmes moments, en plus d’afficher le même frame rate dans tous les cas. Il existe pourtant des différences notables à certains endroits précis, que nous avons constatés en mode portable. Dans Metroid Dread, par exemple, la toute première scène jouable nous fait passer à travers un halo de lumière. Sur Switch OLED, tout se déroule sans accroc, mais lorsque nous reproduisons le test sur une Switch originale de 2017, nous constatons systématiquement une coupure au moment précis où Samus traverse ladite lumière. La fréquence d’image chute avant de remonter immédiatement, ce qui n’arrive jamais sur le modèle plus récent. Comment est-ce possible avec le même matériel ? En réalité, le SoC des deux consoles n’est pas exactement le même. Depuis la Switch Lite en 2019, Nintendo n’intègre plus un Tegra X1, mais un X1+. La principale différence entre ces deux modèles vient de la finesse de gravure, qui passe à 16 nanomètres contre 20 auparavant. Cela permet non seulement d’obtenir une meilleure efficacité énergétique, mais aussi des montées en fréquences plus intéressantes à puissance égale, qui pourraient expliquer cette meilleure fluidité sur notre modèle OLED. Précisons toutefois que quelles que soient les légères différences que nous avons pu noter à ce niveau, elles disparaissent dès que les consoles sont dockées.

Pas de changement pour les Joy-Con.

Bien que Nintendo n’ait jamais reconnu le problème, il est de notoriété publique que le stick des Joy-Con des précédentes Nintendo Switch ont une forte tendance à drifter (c'est-à-dire dériver de façon autonome) après un certain temps. Nous espérions que ce problème soit corrigé avec ce nouveau modèle, mais il n’en est rien : il s’agit exactement des mêmes modèles que sur la première Switch…

Notre avis

Oni le 20 décembre 2021

| Modifié le le 20 décembre 2021

Bien qu’on regrette l’absence d’un SoC plus puissant, le nouvel écran de cette Switch OLED fait toute la différence pour profiter de certains jeux, ses meilleurs contrastes et sa plus grande taille étant des atouts particulièrement intéressants. Toutefois, si vous avez déjà une Switch, ou si vous ne jouez jamais en mode portable, ce choix se justifie plus difficilement par rapport à celle de 2017.
7 / 10