Genre : puzzle, déduction
Créateurs : Junghee Choi, Wanjin Gill
Illustrateur : Wanjin Gill
Éditeurs : Playte, Miraludo pour la VF
Nombre de joueurs : 2 à 5
Nombre de joueurs optimal : 2
Durée : 30 minutes
Complexité : accessible
Surface de jeu recommandée : table basse
Prix : 23 €
Créateurs : Junghee Choi, Wanjin Gill
Illustrateur : Wanjin Gill
Éditeurs : Playte, Miraludo pour la VF
Nombre de joueurs : 2 à 5
Nombre de joueurs optimal : 2
Durée : 30 minutes
Complexité : accessible
Surface de jeu recommandée : table basse
Prix : 23 €
Perco
le 13 juin 2026
| Modifié le le 14 juin 2026
Si vous pensiez que la bataille navale était le sommet de la guerre cognitive parce que vous avez réussi une fois à couler le porte-avions de votre cousin en glissant un « B-4 » rageur, j’ai une mauvaise nouvelle pour vous. Vous êtes un enfant de chœur. Un amateur. Mettez-vous aux choses sérieuses avec Orapa Mine, un petit jeu coréen édité par Playte et enfin importé chez nous.
Ne vous fiez pas à son nom qui évoque une simulation d’extraction de diamants au Botswana avec gestion de pelles et de brouettes*. Le thème a été dissous dans l’acide avant même l’impression de la boîte. Orapa Mine est un jeu de déduction pure, aussi sec qu’un coup de trique sur le crâne d’un comptable. Le principe est d’une simplicité presque insultante. Derrière votre paravent en plastique, vous disposez cinq pauvres morceaux de bois colorés (jaune, rouge, bleu, blanc) sur une grille. Votre adversaire fait de même. Le but ? Deviner la configuration de l’autre en premier. Pour cela, vous allez lui envoyer des rayons laser invisibles dans la tronche. Enfin, sur sa grille. Vous dites : « Je tire en C ». L’autre regarde sa grille, trace mentalement le trajet du laser qui rebondit à 90° sur les formes, et vous répond un truc du genre : « Vert clair en 8 ». Et là, votre cerveau fond : « Comment ça « vert clair » ? « .
* Orapa est la plus grande mine à ciel ouvert de diamants au monde.
* Orapa est la plus grande mine à ciel ouvert de diamants au monde.
Tel est prisme qui croyait prendre
Pourquoi un rayon coloré ? Parce que les couleurs se mélangent. Si le laser traverse du bleu puis du jaune, ça ressort vert clair. S’il touche du blanc, il s'éclaircit. Et si par malheur votre adversaire a empilé ses blocs comme un sagouin et que le rayon traverse trois ou quatre blocs de couleur, il vous balance un « Gris » ou « Noir » avec un petit sourire sadique. Le jeu vous fournit généreusement en rab un bloc transparent qui ne change pas la couleur et un bloc noir qui absorbe le laser (qui ne ressort plus jamais). Si vous jouez avec ça dès la première partie, vous finirez interné avant la fin de la semaine.Je dois vous faire un aveu. Au bout de trois questions, j’accuse tous mes adversaires de se tromper ou, pire, de mensonge. « C’est impossible que ça sorte en 12 bleu en entrant par là, tu triches ! » Neuf fois sur dix, c’est en fait de ma faute, et c’est le grand drame d’Orapa Mine : vous passerez la moitié de la partie à traiter vos partenaires de menteurs, pour finalement réaliser, au moment de la révélation finale, que vous vous êtes planté d’une case sur votre propre dessin depuis le deuxième tour. Vous aviez la bonne forme, la bonne couleur, mais pas le bon angle. Vous êtes juste un idiot qui a effacé ses gribouillis au crayon de papier tellement fort qu’il a troué sa feuille.
Vitamine en B12
C’est le génie pervers du jeu. Contrairement à un Turing Machine, brillant, mais qui demande un master en programmation et trois dolipranes pour comprendre la moindre carte perforée, Orapa Mine s’explique en deux minutes. Un gamin de huit ans comprend la règle du laser qui rebondit. Par contre, appliquez-la dans le brouillard d’une grille cachée, et vous obtenez des calculs et une paranoïa digne de la guerre froide.Alors oui, la boîte coûte 25 balles pour du matos qui tient dans une poche de veste et que vous pouvez fabriquer vous-même avec un cutter et des chutes de carton. Oui, le jeu est vendu pour 2 à 5 joueurs alors (soyons honnêtes) qu’il s’agit en réalité d'un jeu de duel et qu’au-dessus de deux, une partie devient un spectacle de foire où tout le monde profite des indices des autres et où tout devient très flou. Mais joué à deux, Orapa Mine prend toute sa saveur de vendetta personnelle. C’est de la pure masturbation de neurones, mais ce n’est pas sale. Un jeu qui vous donne envie de relancer une revanche immédiatement après vous être fait humilier, une merveille à glisser d’urgence dans votre ludothèque.
Images : Junghee Cho