Genre: amalgame de TPS coopératifs
Developpeur: Rebellion Developments (Royaume-Uni)
Editeur: Rebellion Developments
Plateformes dispo: PC Windows, PS4, Xbox One
Plateforme test: PC Windows
Telechargement: 40 Go
Langues: français
Date de sortie: 04/02/2020
Prix: 50 €
| Modifié le le 25 mai 2021
Parfois, j'ai l'impression que le destin cherche à m'envoyer des signaux aussi subtils qu'un épisode de Plus belle la vie. Parce qu'on dira ce qu'on voudra, mais recevoir le message d'un pote qui dit à 13 h 30 « je lance Zombie Army 4, on se retrouve en jeu » pour finalement entendre ses ronflements sur Discord en débarquant à 14 h, ça ne laisse pas présager une après-midi placée sous le signe de l'excitation et du fun.
Note 1 : Ou « grindhouse », pour les connaisseurs.
Gruuuuh...
Une fois lancé, le jeu nous propose quatre personnages à incarner – ou plutôt six, comme vous pouvez le lire dans l'encadré – qui se résument à de simples apparences. Une fois habillé, il ne nous reste donc plus qu'à décalquer du zombie par packs de douze, dans une sorte d'amalgame qui reprend à peu près toutes les bonnes idées produites par les resucées de Left 4 Dead au cours des dix dernières années. Pour cela, les neuf armes – ou plutôt douze, comme vous pouvez aussi le lire dans l'encadré – mises à notre disposition font plutôt bien leur job, avec leurs styles distincts et toujours pêchus, sans parler de ces quelques compétences spéciales qui permettent de tuer immédiatement un zombie au corps à corps ou de coller une série de headshots sans se fouler. Et puis il y a ce bestiaire, complet, qui oppose les joueurs à tout un tas de morts-vivants qui vont du zombie de base au zombie sniper, en passant bien sûr par le gros zombie en armure, sans oublier le célèbre zombie-zombifié car devenu trop zombesque pour zombier. Enfin je crois. Et quitte à braconner, les développeurs ne se sont pas interdit de reprendre la formule du Left 4 Dead original, avec des campagnes divisées en missions qui comportent leur lot d'objectifs à accomplir, par exemple rapporter quelques bidons d'essence dans un bateau. À cet instant, vous êtes déjà repu, mais le jeu vous ressert pourtant une bonne louche de références et de contenu, avec des pièges à la Strange BrigadeNote : 2 qui se déclenchent en tirant dessus et même quelques séquences de rail shooter classiques. Oh, et j'allais presque aussi oublier ces ralentis qui montrent comment la balle perfore un ennemi, façon Sniper Elite. Mais à ce stade de remplissage, le joueur n'a plus qu'une envie : tout vomir comme un vieux pochetron qui sort d'une soirée « dégustation de vins ».Note 2 : Qui les a sans doute repiqués sur un autre titre, mais là n'est pas la question.
Grouuuuh...
Sur le papier, Zombie Army 4 a donc tout du produit riche et complet. Pourtant, et c'est sans doute son plus grand drame, le titre de Rebellion commet un véritable exploit en étant tiède d'un bout à l'autre. Plus gênant, son côté « pan pan les zombies » vu et revu n'occulte en rien son avalanche de stimuli digne d'un jeu Facebook. Combos qui grimpent au fil des morts, score, musiques de casino après chaque exploit... Tout semble être fait pour que le joueur cesse de réfléchir et continue de jouer mécaniquement, dans sa quête inconsciente d'une nouvelle décharge de dopamine qui sera délivrée par la prochaine récompense. Un fait qui, par ailleurs, devient d'autant plus flagrant entre chaque mission, avec cette montée en niveaux digne de « Clash of Clans contre les Zombies » qui envoie systématiquement une pluie de trompettes et de lumières pour féliciter le joueur, tout en lui expliquant qu'une nouvelle perk vient d'être débloquée pour son personnage ou un flingue. Car pour couronner le tout, Zombie Army 4 est victime d'une collectionnite aiguë, avec tous ses machins à accumuler qui sont livrés par brouettes entières, qu'il s'agisse d'objets cachés dans les niveaux ou des succès qui permettent de remplir une sorte d'album Panini à l'aide de vignettes. Oui, Zombie Army 4 fait tout, sauf nous amuser vraiment.Le DLC-Day.
Zombie Army 4 aura tout tenté, y compris débarquer au jour de sa sortie avec les bras chargés de DLC cosmétiques. Nouveaux personnages, skins d'armes, babioles à accrocher sur ses flingues... On est néanmoins surpris de voir que les chapeaux et autres emotes ne peuvent finalement s'obtenir qu'en jouant. Un modèle économique un peu crasseux, surtout dans un jeu vendu à 50 balles.