Fox
le 25 juillet 2021
C’est dans un mouvement de communication relativement audacieux et léger que Valve a dévoilé à brûle pourpoint sa première machine maison, Steam Deck. Alors, console, PC, aucun des deux ou tout à la fois, c’est ce que nous allons voir.
Le ou la Gabe Boy ?
Cette nouvelle machine est une console, voilà, la guerre est lancée, on peut passer à la suite. Dans un format qui rappelle largement sa lointaine cousine nippone Nintendo Switch, Valve a décidé de créer un PC de jeu dans une machine transportable. En effet, si le Steam Deck est considéré comme un appareil nomade, il n’en est pas moins imposant par son poids de 669 grammes, donc moins facile à utiliser et transporter que la Switch, plus légère avec ses 390 g. Mais ne nous arrêtons pas à ce détail pour le moment, ce poids s’explique avant tout par les nombreux composants intégrés à l’intérieur. Pour commencer, abandonnez toute idée de processeur ARM, le coeur du Steam Deck est un APU AMD Zen 2 avec une TDP (et donc une consommation moyenne) de 4 à 15 W modifié pour Valve par le fondeur. Composé d’un processeur doté de 4 coeurs et 8 threads cadencés à 2.4 GHz et pouvant atteindre 3.5 GHz en pointe et d’un processeur graphique RDNA 2 contenant 8 blocs cadencés de 1 GHz à 1,6 GHz en boost, l’ensemble est soutenu par 16 Go de RAM LPDDR5 (5 500 MT/s, une valeur assez élevée). On est donc proche des capacités d’une PlayStation 4 Pro sur le papier, sans pour autant bénéficier du même rendu. La limitation au (presque) 720p permet à la console en mode « portable » de conserver un affichage plus que correct et un bon frame rate sur son écran tactile de 7 pouces en 16:10, d’une définition de 1 200 x 800 pixels. Compte tenu de la puissance du GPU et de sa fréquence, n'espérez tout de même pas plus qu'une trentaine de fps dans la définition native de l'écran : l'ensemble reste assez loin d'un bon PC de jeu.Le Steam Deck se démarque dans son design par l’ajout de deux trackpads haptiques, hérités du Steam Pads, mais aussi par des boutons placés en bas de la prise en main et configurables indépendamment. Si vous n’aimez pas jouer avec vos index sur les tranches, il sera donc facile de vous rabattre sur les boutons du bas, sans pour autant être pénalisé. Pour revenir sur les trackpads haptiques, ces derniers peuvent servir de sticks analogiques, de façon indépendante. Vous pourrez donc jouer avec deux sticks, un trackpad et un stick ou deux trackpads. Une feature intéressante non pas pour son immense nouveauté mais parce que ce genre de bricolages, déjà réalisés par des amateurs, est considéré comme des accessoires de triche par certains jeux PvP.
En continuant le tour du futur propriétaire, on constate que les trois versions précommandables embarquent de la mémoire flash, mais toutes ne sont pas égales. Le modèle d’entrée de gamme possèdera 64 Go de mémoire eMMC (interfacée sur un bus PCI-Express 2.0 en 1x, donc 500 Mo/s au maximum), sa grande soeur plus onéreuse disposera d’un SSD de 256 Go NVMe en PCIe 3.0 4x (4 Go/s au maximum). Le modèle - pour l’instant - maximal embarquera quant à lui un SSD de 512 Go NVMe en PCIe 3.0 4x, annoncé comme plus rapide. Si la eMMC est probablement soudée, les deux autres modèles intègrent un SSD standard, branché dans un emplacement M.2 2230. Malgré ce point, Valve précise que le changement du stockage n’est pas prévu par les possesseurs de leur machine, sans même prendre en compte le fait que les SSD de cette taille restent assez rares.
PC or not PC ?
Cette nouvelle machine est un PC, rangez vos fourches, on vous a bien eus. Tournant avec Steam OS 3.0 lors de son premier lancement le 16 décembre, les jeux utiliseront Proton afin d’établir une compatibilité maximale entre la couche Arch sur laquelle sera basé l’OS et les jeux nécessitant des composants Windows pour fonctionner. Pour rappel, Proton permet de porter facilement les jeux qui utilisent les API de DirectX sous Windows. Valve annonce même que vous pourrez installer Windows 10 dessus et faire votre sauce librement, et même l’utiliser… comme un PC. Car oui, Steam Deck possède un dock.Comme la Switch (et sa future version OLED), le dock permet de relier votre Steam Deck à un écran, divers périphériques USB et de l’Ethernet. Donc théoriquement, il devrait être possible d’y relier un clavier et une souris, en USB ou Bluetooth, et de faire tourner Windows 10 afin d’avoir non seulement une machine de jeu mais aussi un petit post de navigation et de travail.
Le Steam Deck est en précommande sur son site dédié et évidemment sur Steam, au prix de 419 € pour la version de base (64 Go de stockage), 549 € pour la version avec 256 Go et 679 € pour la version dotée de 512Go de stockage, qui bénéficie en plus d’un verre anti-reflets de meilleure qualité pour l’écran. Le second et troisième modèles sont annoncés pour Q2 et Q3 2022, soit dans un avenir où nous n’avons pour le moment aucune visibilité. Malgré tout, les recommandations d’usage de la Canardie ne changent pas, ne précommandez-pas vos jeux et encore moins une machine qui n’a, pour le moment, que des statistiques à montrer surtout si vous désirez les modèles qui ne seront disponible que dans 7 à 10 mois.