Il y a des pages qu’on n’a pas envie d’écrire. Oh bien sûr, ça arrive parfois dans la carrière d’un journaliste, ou un sujet est moins passionnant que le précédent, ou l’actualité n’est juste pas au niveau.

Quand on prête un PC complet à un collègue de Canard PC qui juge des bureaux (nous n’allons pas le nommer), il revient avec ce sympathi­que message affiché sur l’écran.
Mais non, je vous parle d’une page qu’on préférerait ne jamais avoir à écrire. Vous le savez peut-être déjà si vous avez lu l’édito au début de ce magazine, donc autant ne pas y aller par quatre chemins : ce numéro de Canard PC Hardware sera mon dernier. Et le plus douloureux, c’est que ce n’est pas ma décision, ni vraiment celle de personne en particulier d’ailleurs, juste le résultat de la situation morose de la presse actuellement. Oui, vous connaissez ce refrain selon lequel la presse papier va mal, ça fait bien 20 ans qu’on vous le répète. Eh bien dites-vous que là, c’est encore plus chaud que d’habitude. Je ne vais pas vous faire la liste de tout ce qui ne va pas, Ivan s’en charge de manière plus exhaustive que moi, mais je vous devais au moins cette transparence sur ma situation et celle du magazine qui m’a donné la chance de m’épanouir ces dernières années. Évidemment, il est impossible de résumer presque 4 ans passés dans cette rédaction délicieusement hors du temps. 4 ans de rires à faire planter les lumières du Cargo avec un routeur Wi-Fi, à faire photographier plusieurs fois le même CPU à Monsieur Chat pour voir s’il allait le remarquer, ou quand la comptable nous appelle paniquée à cause de notes de frais suspectes pour des sex-toys. 4 ans de stress quand un GPU arrive à la rédaction deux jours avant un bouclage. 4 ans à me demander comment j’ai pu avoir la chance de me retrouver au milieu de ces fous. Je ne remercierai jamais assez Ivan et Dandu de m’avoir accordé leur confiance, sincèrement, et j’espère ne pas les avoir déçus. J’ai énormément appris aux côtés de Dandu qui, même s’il en doute, est un excellent rédacteur en chef et quelqu’un qui dégouline d’une passion qui vous inspire chaque jour à faire de votre mieux. Je n’aurais pas voulu bosser avec qui que ce soit d’autre.
Au pire, maintenant, j’ai de quoi ouvrir un OnlyFans…

Soutenez la presse indépendante, bordel !

Heureusement pour vous, Canard PC Hardware continue et, je l’espère, le plus longtemps possible. Je pars avec tous ces merveilleux souvenirs et autant de tristesse pour les accompagner, et je m’en veux un peu de devoir laisser tous mes collègues derrière moi dans cette épreuve, mais ils s’en sortiront si vous êtes toujours là pour eux. J’ai forcément une pensée pour Sonia (coucou Sonia !) que j’adorais voir venir sur Slack pour faire valider ses jeux de mots à 2 heures du matin, et pour toto, qui me manquait déjà depuis qu’un certain virus l’avait confiné sous le soleil du Sud. J’aurais aimé pouvoir me faire au moins 4 ans de souvenirs en plus avec ces gens, qui m’ont tous tellement apporté à leur manière. J’aurais aimé continuer à vous informer, vous proposer de nouvelles idées de dossier, vous répéter ad nauseam que les cryptomonnaies, c’est de la merde et peut-être aussi, je l’espère, vous faire rire un peu de temps en temps. Peut-être que cela se fera, d’une manière ou d’une autre, après tout je n’ai pas perdu l’envie de partager ma passion sur les sujets que j’aime. J’essaierai bien entendu de vous tenir au courant, si jamais certains d’entre vous voudraient ne pas me perdre de vue (mon compte Twitter se trouve un peu partout dans ce magazine *clin d’œil appuyé*). En attendant, je souhaite à mes collègues et amis tout le courage dont ils auront besoin prochainement. Soutenez-les, soutenez la presse indépendante, c’est vital pour une information de qualité et ça leur fera plaisir, et à moi aussi. Et rendez-moi un petit service : rappelez de temps en temps à ackboo que G-Sync, ça ne se prononce pas « G5 ».