GPU : Navi 33
Configuration :
32 CU
Mémoire :
GDDR6, 8 Go, 18 Gb/s, bus 128 bits
Prix :
299 €
Nous avons déjà eu l’occasion d’en parler au sujet des précédentes cartes de la génération Radeon RX 7000 : la nouveauté la plus remarquable introduite avec l’architecture RDNA 3 est qu’elle permet une conception en chiplets (à l’image de ce qu’AMD fait déjà du côté des CPU depuis l’intronisation de la famille Ryzen). Ici, les contrôleurs mémoire et l’Infinity Cache sont découplés des cœurs graphiques à proprement parler – ce qui permet d’employer différents process de gravure afin d’optimiser les coûts, ou encore de moduler la largeur du bus mémoire en fonction du niveau de performances visé. Seulement voilà : Navi 33 étant un petit processeur graphique d’entrée de gamme, AMD n’a pas jugé que l’emploi de chiplets était ici justifié. On se retrouve donc à nouveau avec une puce monolithique, employant qui plus est une version optimisée du vieillissant process 7 nm de TSMC (dénommée N6), plutôt que le plus efficace mais très coûteux N5.
En conséquence, sur les 204 mm² qu’il occupe (contre 234 mm² pour la puce qu’il remplace), Navi 33 n’embarque « que » 20 % de transistors supplémentaires par rapport à son prédécesseur. Le reste des spécifications techniques est à cette image, trop proche de la génération précédente : 32 Compute Units (soit 2048 processeurs de flux), 32 MB d’Infinity cache, un bus mémoire d’une largeur de 128 bits, 64 raster operators et 128 unités de texturing. Au moins, l’optimisation du process de gravure permet de garder le TBP au même niveau que celui des cartes RDNA2 embarquant un Navi 23 au complet – c’est-à-dire 165 W. La fréquence de boost annoncée est à peu de choses près similaire à la RX 6650 XT (un peu plus de 2,6 GHz). Quant à la mémoire GDDR6 embarquée par le nouveau modèle, elle atteint désormais un débit de 18 Gb/s.
Le modèle AMD de référence, qui nous a été fourni pour ce test, n'est hélas pas vraiment disponible dans le commerce.
Enfin, parmi les dernières spécificités de RDNA 3 à évoquer, la RX 7600 conserve l’organisation en Dual Compute Units, les Ray Accelerators de seconde génération et l’encodeur AV1 matériel.

C'est mieux, mais pas assez.

Le modèle de référence d’AMD, que nous avons eu à notre disposition pour ce test, place le Navi 33 en compagnie de quatre modules mémoire de 2 Go de GDDR6 chacun, le tout assemblé sur un PCB doté d’un unique connecteur d’alimentation PCIe 8 broches classique. Le système de refroidissement se compose d’un radiateur en aluminium monté sur deux caloducs et surplombé de deux ventilateurs de 80 mm, l’ensemble occupant tout juste deux slots. Compte tenu de la puissance raisonnable à dissiper, il n’y a pas vraiment de nécessité de chercher plus gros – comprenez que la surtaxe demandée par certaines variantes au dissipateur massif est totalement superflue. Nous l’associons pour nos tests à notre fidèle Ryzen 7 5800X3D épaulé par 32 Go de RAM, et nous l’opposons à l’Intel Arc A750 que nous considérons comme sa principale rivale à l’heure où nous écrivons ces lignes : outre des fonctionnalités similaires, elles sont proposées à des tarifs proches l’une de l’autre, sensiblement moins élevés que ceux de la RTX 4060.

Ce modèle Gigabyte Gaming OC à trois ventilateurs est un bon exemple d'une carte au dissipateur franchement surdimensionné pour la consommation du GPU.
Dans le cas d’usage principalement visé par cette carte, c’est-à-dire le jeu en 1080p sans ray tracing, la RX 7600 est en moyenne 17 % plus rapide que l’Arc A750 sur notre panel de titres. Les deux cartes sont capables de tenir les 60 i/s aux paramètres graphiques élevés sur la vaste majorité d'entre eux, mais AMD domine d’une tête dans ce scénario. En 1440p, l’écart se resserre, mais c’est encore le camp rouge qui domine. Les jeux les plus lourds demandent des compromis graphiques, mais il reste malgré tout possible d’exploiter un moniteur QHD 60 Hz ou compatible FreeSync/VRR. Sans surprise, les choses se gâtent pour RDNA3 si l’on active le ray tracing, et l’A750 s’empare alors de la tête de course, quelle que soit la définition. Certes, il est communément admis que ray tracing et petits budgets ne font pas (encore) bon ménage. Mais la carte d’Intel, avec l’aide d’une mise à l’échelle avancée (préférablement le XeSS, bien sûr), est tout de même capable de viser les 60 i/s sur Cyberpunk 2077 en 1080p au pré-réglage « RT moyen ». Rien de tel du côté de la RX 7600, qui préfère largement se contenter de cette bonne vieille rasterisation – excepté sur les quelques titres que l'on sait conçus pour favoriser l'architecture (souvent par une utilisation extrêmement parcimonieuse des effets RT).

La RX 7600, comme l’Arc A750, est capable de tenir les 60 i/s aux paramètres graphiques élevés sur la vaste majorité de notre panel de jeux.

RDNA 2.5.

Cette incursion de RDNA 3 sur l’entrée de gamme nous laisse un peu perplexe. Dans l’absolu, et compte tenu de l’état actuel du marché, ses prestations sont cohérentes pour une carte trouvable régulièrement sous les 300 €. Néanmoins, les performances globales sont trop proches de celles offertes par la RX 6600 XT pour nous emballer, d’autant plus que le TBP n’est que marginalement plus faible. C’est à se demander quel gain apporte réellement l’architecture RDNA 3 lorsqu’elle est dépourvue de sa configuration en chiplets : la prise en charge du ray tracing est toujours aussi médiocre, et si l’efficacité énergétique progresse légèrement, elle est surtout la conséquence de l’évolution du 7 nm de TSMC. Comme toujours, lorsque les stocks de 6600 XT et 6650 XT remisées seront épuisés (ce qui est peut-être déjà le cas à l’heure de la publication de ce magazine), on aura bien du mal à vous conseiller une alternative à cette RX 7600. Mais la stagnation de l’offre nous laisse une nouvelle fois un peu défaits.

Notre avis

Neji le 11 septembre 2023
Un peu par défaut, la RX 7600 devient le nouveau choix à considérer, en alternative de l’Arc A750, pour équiper une machine d’entrée de gamme. On ne peut pas nier que le rapport performances/prix évolue dans le bon sens par rapport à la RX 6600 ; mais nous restons malgré tout déçus des prestations offertes par Navi 33.
7 / 10