RX 7900 XT
Prix :
1 015 € (prix indicatif)
GPU : Navi 31
Configuration : 80 CU
Mémoire : GDDR6, 20 Go, 20 Gbits/s, bus 320 bits

RX 7900 XTX
Prix : 1 128 € (prix indicatif)
GPU : Navi 31
Configuration : 96 CU
Mémoire : GDDR6, 24 Go, 20 Gbits/s, bus 384 bits

Navi 31, le GPU en kit.

Passons rapidement sur les nouveautés introduites par ce processeur graphique atypique, déjà présentées dans le numéro précédent de Canard PC Hardware. Le principal changement du GPU Navi 31 face à son prédécesseur qui équipait les Radeon RX 6800 et 6900 se trouve dans sa construction. AMD s’était précédemment essayé à embarquer de la mémoire HBM au sein du package GPU avec les gammes Fury et Vega ; aujourd'hui, il tente la démarche inverse : les contrôleurs mémoire, embarquant aussi l’Infinity Cache, sortent du die pour ne laisser plus que les parties purement calculs et traitement de l’image dans ce dernier. RDNA3 signe donc l’arrivée des GPU modulaires dans le monde de l’accélération graphique. Qu’est-ce que cela change ? Un même « compute die » peut être décliné en plusieurs variantes en y ajoutant ou enlevant des « Memory Complex Die » (MCD), ce qui permet de moduler la largeur de bus mémoire et la quantité de cache embarquée sans avoir nécessairement à brider un GPU monolithique. C’est sur ce principe qu’ont été conçues les Radeon RX 7900 XT et 7900 XTX.

La gamme, les cartes.

À l'instar du grand concurrent avec ses RTX 40, AMD a pris la décision, assez discutable du point de vue du consommateur, de lancer sa gamme Radeon RX 7000 par le haut du catalogue. La nouvelle génération n’est pour l'heure accessible qu’aux joueurs pouvant débourser un bon millier d’euros. L’absence d'une référence plus accessible comme l’a été la RX 6800 à la génération précédente est particulièrement frustrante. Dommage, AMD avait un boulevard pour s'imposer d'emblée auprès des joueurs dont le portefeuille ne déborde pas.

La nouvelle génération d'AMD n’est pour l'heure accessible qu’aux joueurs pouvant débourser un bon millier d’euros.

Commençons donc par la Radeon RX 7900 XTX, porte-étendard de la génération RDNA3. Elle embarque un GPU Navi 31 couplé à six MCD reliés à 24 Go de mémoire GDDR6 (pour une largeur de bus totale de 384 bits et 20 Gbits/s de bande passante) et 96 Mo d'Infinity Cache. Le bus mémoire est moins étroit qu’il ne l’a été sur RX 6900, mais la quantité de cache est en recul. Le GPU se compose de 96 Dual-Compute Units, pour un total de 6 144 processeurs de flux répartis en six shader engines. La puissance de calcul théorique s'élève à plus de 61 téraFLOPS en FP32. Un chiffre en très forte progression qui est dû, comme nous l’avions vu, aux remaniements des unités de calcul (CU) pouvant désormais travailler en mode Wave64 : AMD a en fait doublé les unités arithmétiques et logiques (ALU) au sein de chaque CU – d'où l'appellation Dual-Compute Unit. La démarche est plus économe en nombre de transistors que la simple multiplication des CU, mais aussi moins efficace en raison du partage des autres ressources. Les fréquences d'horloge GPU progressent à 2,3 GHz pour la fréquence de base, jusqu’à 2,5 GHz pour la fréquence boost.
La RX 7900 XTX.
La RX 7900 XTX.
La RX 7900 XTX.
Dans la variante XT, un MCD disparaît du package (et avec lui 16 Mo de cache), où le GPU ne compte plus que 80 CU actifs. Les 20 Go de GDDR6 à 20 Gbits/s sont interfacés via un bus 320 bits, et les fréquences GPU sont revues à la baisse : 2 GHz en fréquence de base, 2,3 GHz en fréquence boost. De fait, la Radeon 7900 XT voit sa consommation nominale s'établir à 315 W, tandis que sa déclinaison plus véloce atteint 355 W. Le dissipateur, à la conception quasi identique sur les deux cartes (chambre à vapeur surmontée d’ailettes en aluminium anodisé noir, refroidies par 3 ventilateurs de 85 mm), occupe un emplacement PCIe de moins sur la 7900 XT (2 slots contre 3), et y est également plus court de deux centimètres. Enfin, AMD fait l’impasse sur le connecteur 12VHPWR pour l'alimentation, préférant sagement opter pour deux connecteurs PCI-E 8 broches classiques.
La RX 7900 XT.
La RX 7900 XT.
La RX 7900 XT.

Le test.

Pour ne pas être limité en WQHD avec nos cartes, nous leur associons un CPU AMD Ryzen 7 5800X3D accompagné de 32 Go de mémoire DDR4 à 3200 MHz — la plateforme sur laquelle sont passées au banc toutes nos cartes graphiques depuis décembre. En rendu rasterisé, il faut vouloir monter en définition pour justifier l’upgrade en partant d’une RX 6900 XT. En 1440p, les nouveaux modèles n’offrent qu’entre 16 % et 27 % de performances supplémentaires. Par ailleurs, le GPU Navi 21 est encore tout à fait capable de s’occuper de la plupart des gros titres dans cette définition, même en poussant les curseurs graphiques. En Ultra HD en revanche, la RX 7900 XTX creuse l'écart, qui s'élève cette fois à 46 % en moyenne. Le gap générationnel reste tout à fait correct compte tenu d’une tarification et d’une consommation qui n’augmentent « que » de 10 %. C’est aussi 38 % de mieux que la RTX 3090, qui était pour rappel facturée plus de 1 500 € en 2020. La situation est plus compliquée pour la variante XT qui n’aura d’intérêt qu’en partant d’une RX 6800 ou inférieure. Son tarif est trop proche de la 7900 XTX et ses performances moyennes, même hors ray tracing, trop semblables à ce que proposait déjà la génération précédente.

Ray tracing activé, aucune des deux nouvelles Radeon n'est à la fête. L’impact sur les performances est élevé, légèrement moins prononcé qu'avec RDNA2, mais toujours démesuré par rapport à ce que proposait l'architecture Ampere chez Nvidia. La RX 7900 XT fait globalement jeu égal avec la RTX 3090, tandis que la 7900 XTX s’en détache de 13 % environ. Far Cry 6 fait figure d’exception, mais on connaît l'affinité prononcée de ce titre pour les architectures Radeon ; il montre seulement que les cas particuliers sont possibles, quoique par définition rares. Faute d’une véritable refonte matérielle, AMD s’est visiblement contenté d’optimiser la façon d’alimenter ses Ray Accelerators, ce qui ne suffit absolument pas à combler le retard pris sur la concurrence.

Un mot sur les fréquences.

Intrigués par un document annonçant une cadence GPU pouvant aller jusqu’à 3 GHz, nous avons essayé de comprendre pourquoi la RX 7900 XTX de référence se cantonnait à une fréquence boost de 2,5 GHz. Après avoir cherché la tension la plus basse possible, repoussé le TDP au maximum et modifié la courbe de ventilation, nous avons effectivement réussi à atteindre près de 3 GHz sur Timespy… au prix d’une consommation avoisinant celle d’une 4090. Ceux désirant tirer le maximum de la puce devront se tourner vers les modèles AIB équipés de trois connecteurs 8 broches et de dissipateurs monstrueux. Pas sûr que le jeu en vaille la chandelle.

Cuisson vapeur

Un délicat problème est venu entacher le lancement du modèle de référence de la Radeon RX 7900 XTX : certaines séries de cartes sont équipées d’une chambre à vapeur défaillante, menant à des températures GPU anormalement élevées. AMD assure le retour des modèles défectueux, mais considérant la difficulté, à l'heure où nous écrivons ces lignes, à trouver ce modèle en stock, les acheteurs concernés risquent de ne pas revoir leurs cartes avant un moment.

Conclusion.

Notre avis sur cette nouvelle fournée de Radeon est mitigé. D’un côté, AMD essaye de contenir l’enveloppe énergétique de son GPU de prestige à un niveau acceptable, assure une tarification plus clémente que l’offre concurrente, et propose des performances très élevées en rendu rasterisé à très haute définition. De l’autre, ces cartes restent dans l’absolu très chères pour des produits dédiés au jeu vidéo. Surtout, la faible différence de prix entre les deux modèles interroge. En effet, aux tarifs recommandés par AMD, 100 € seulement séparent une RX 7900 XT d’une RX 7900 XTX, malgré un écart de performances de 16 % en Ultra HD. Si vous disposez d'un millier d’euros à investir dans un GPU, il y a fort à parier que vous n’êtes plus à ça près. Les performances en rendu hybride ont certes évolué, mais Navi 31 lutte encore difficilement avec la précédente génération de Nvidia sur les titres où l’utilisation du ray tracing est intensive. Pour la seconde itération des Ray Accelerators, nous attendions vraiment mieux. D’autant qu’AMD ne peut compter sur un réel équivalent au DLSS pour améliorer la situation, même si le FSR 2 permet parfois de sauver les meubles.

Notre avis

Neji le 24 mars 2023
Même si AMD a laissé Nvidia s’emparer du très haut de gamme, la RX 7900 XTX propose d’excellentes performances en rastérisation pure. Son prix de 1 100 € reste prohibitif pour de nombreux joueurs – quoique toujours moins étourdissant que celui de la RTX 4080. Si dépenser une somme à quatre chiffres pour un GPU ne vous effraie pas, c’est une option à considérer sérieusement.

Le cas de la RX 7900 XT est quelque peu inédit : son prix est trop proche de celui demandé pour la XTX. Elle est une bonne centaine d’euros trop chère pour être réellement compétitive malgré une prestation globalement satisfaisante. La note est donc abaissée d’un point pour elle, à 6,5 sur 10.
7,5 / 10 (RX 7900 XTX)