| Modifié le le 7 septembre 2025
Si l'on ose un jour vous dire que les gens qui lisent Canard PC ne font que jouer, vous pourrez garder un exemplaire de cet article sous le coude pour leur prouver que nous sommes en vérité des gens très cultivés. Regardez, là on s’apprête à vous parler d’un musée.
Là-bas-Les-Moulineaux
À Issy-Les-Moulineaux, déjà, on peut faire plein de trucs. Ils ont un parc super joli avec des statues en bois, des petites haies taillées en forme d’arche et même un monument bizarre qui ressemble à une grande tour colorée, imaginé par l’architecte Jean Dubuffet. Mais à quelques mètres de là, c’est un bâtiment tout en blanc avec une petite tour au toit triangulaire tout mignon qui nous intéresse. C’est là que se cachent plus de 26 000 objets, cartes et bizarreries liées de près ou de loin à la pratique du jeu sur carte – ils en ont tellement qu’ils ont décidé d’en faire un musée.Tout le défi avec l’idée de parler d’un musée dans un article, c’est de vous raconter ce qu’on peut y trouver sans gâcher la surprise de la découverte en donnant trop de détails. Globalement, il faut voir votre visite comme un parcours à travers l’histoire de la carte, de son invention à aujourd’hui, et ce dans plusieurs régions du monde.
Un parcours à travers l’histoire de la carte, de son invention à nos jours et dans plusieurs régions du monde.
Le dessous des cartes
Par exemple, j’ai appris plein de choses sur le lien entre les cartes à jouer (arrivées chez nous lors de l’Ancien Régime) et l’Histoire de France. Plus particulièrement un événement de 1789, à une époque où être roi, c’était une activité plutôt mal vue du peuple. Donc forcément, on a repensé au fait d’afficher sur des cartes des Rois, des Reines et des Valets, en les remplaçant par des Génies, des Libertés et des Égalités, symboles directs de l'œuvre de la révolution. Ça s’appelle le Jeu de Piquet Révolutionnaire et le musée l’explique bien mieux que moi sur ses panneaux de présentation.Il y a aussi un jeu de cartes officiel de la Compagnie Générale Transatlantique, où le Joker est un militant portant un drapeau de la CGT. Une tonne de jeux de 7 familles datant de plusieurs dizaines d’années (dont certains à but éducatif, ou à thème spécifique comme les Jeux olympiques), des cartes plus contemporaines allant de Magic à Pokémon ou d’autres directement gravées sur une tablette de pierre. C’est vraiment fascinant de voyager dans l’Histoire en la regardant à travers le prisme d’un objet si courant, et pourtant bourré de secrets.
Vieux jeux, mais pas vieux jeu
Lorsque je m’y suis rendu, j’ai pu visiter l’exposition du moment (visitable jusqu’au 15 août 2025) : tout un étage dédié à la magie et aux illusions, en partenariat avec la collection du Musée de la Magie. Beaucoup d’illusions d’optique et d’instruments sur lesquels les enfants peuvent passer des heures, mais aussi des pièces uniques tirées de plein de pays différents, avec souvent des vidéos affichées à l’écran pour présenter les installations en action. Et puis surtout, vous pourrez croiser un monsieur très sympathique qui déambule dans les allées de l’exposition, un certain Sylvain Solustri. Il a toujours l’air très content de parler de magie et de l’histoire de l’illusion, et a pris vingt bonnes minutes pour nous raconter à mes amis et moi l’histoire des inventions bizarroïdes qui l’entourent. À un moment, il y a même une femme qui est sortie d’un pot de fleurs.Et s’il fallait dire ici quelque chose de négatif pour prouver que personne à la rédaction n’a reçu de chèque de la municipalité, je rappellerais que j’ai fait deux heures de métro non climatisé un samedi sous 32 degrés. Et ça, je vous déconseille de l’inclure dans votre visite.