C'est quoi exactement, Tabletop Simulator ? Lorsque vous lancez une partie, le jeu se contente de vous déposer seul face à une table, un peu comme si vous étiez mis en garde à vue et que les flics n'avaient plus qu'une place dans leur salle de repos pour vous interroger. En quelques clics, vous pouvez alors choisir un décor d'ambiance, modifier la table pour quelque chose de plus rond / rectangulaire / carré et bien sûr, sélectionner le jeu auquel vous allez jouer avant d'inviter des participants à vous rejoindre. Le sentiment d'être autour d'une vraie table est fort, d'autant que pratiquement tout est à faire soi-même. Lancer des dés ? On maintient le clic droit, on agite sa souris et on relâche le clic pour voir les dés rouler sous l'effet d'une physique parfaitement calibrée. Déplacer des pions ? Un simple glisser / déposer fera l'affaire. Et piocher des cartes ? Un petit clic sur la pile concernée et c'est réglé. Et mieux encore, le logiciel permet d'y importer ses propres jeux, puis de les mettre à la disposition du public, grâce à la magie du Workshop de Steam. Ce qui, comme vous pouvez vous en douter, a très vite entraîné quelques soucis de propriété intellectuelle.

Jeu et mon droit

Forcément, les joueurs n'ont pas attendu longtemps avant de balancer tout un tas de jeux de société déjà vendus dans le commerce. Face à ce problème, certains éditeurs n'ont pas tardé à réagir et ont fait valoir leurs droits d'auteurs auprès de Steam, qui élimine systématiquement les titres concernés. Ainsi, des jeux tels que Small World sont aujourd'hui introuvables sur le logiciel. Mais cela est surtout dû à la pugnacité des éditeurs, puisque d'autres titres comme Munchkin ou Pandemic sont finalement réapparus. Et ce, malgré les nombreuses interventions de leurs ayants droit. Face à ce problème, d'autres ont alors opté pour la solution inverse. Ils vendent donc désormais leurs jeux en tant que DLC sur le logiciel, afin d'inciter les développeurs à faire le ménage pour garantir leurs revenus. Cela permet aujourd'hui d'acheter des titres tels que Zombicide, Tiny Epic Galaxie / Western / Defenders ou encore Scythe. Certes, la méthode employée par Berserk Games est on ne peut plus discutable. Mais après trois années d'existence et en l'absence d'un procès retentissant, difficile d'imaginer que chacun n'y trouve pas son compte. Qu'il s'agisse de retombées économiques pour les concepteurs de jeux de société qui bénéficient d'une certaine publicité, des joueurs qui peuvent essayer les jeux ou du studio de développement qui semble bien se gaver sur le dos des autres, tout le monde semble heureux et en parfaite harmonie. Pour le moment.

Par où commencer ?

Vous venez d'acheter Tabletop Simulator avec vos amis et les 18 000 références du Workshop de Steam vous donnent le tournis ? Autant commencer simplement, en vous faisant la main avec trois activités essentielles.

Jouez rétro

Par définition, un jeu de plateau rétro a plus de vingt ans d'âge et ne se vend plus dans le commerce. Le représentant le plus emblématique du genre sur Tabletop Simulator n'est autre que Heroquest. Édité en 1989 par MB, ce titre fut l'un des fondateurs du « Dungeon Crawler », un style jeu qui continue encore d'inspirer aujourd'hui des titres tels que Descent, Zombicide ou Super Dungeon Explore. Ensuite, pourquoi ne pas continuer avec Space Crusade, le successeur de Heroquest paru en 1990 et dont l'objectif était d'opposer des escouades de Space Marines à tout un tas extraterrestres belliqueux, sans doute afin d'attirer les jeunes dans les griffes de Games Workshop. Et enfin, Dark Tower. Ce jeu de 1981 proposait de réunir des clés, afin d'ouvrir la porte de la fameuse « tour sombre », représentée par une sorte de totem en plastique bourré d'électronique.

Jouez original

Cela peut sembler surprenant, mais le Workshop de Tabletop Simulator propose de nombreuses créations originales. La plus célèbre est sans aucun doute Kobolds : A Game about Minings and Shinies, un jeu de placement d'ouvriers, dont le succès pousse actuellement ses créateurs à envisager une version physique du titre. Ensuite, impossible de faire l'impasse sur Unpleasantries: The game of Creative Vulgarity, une variante de Cards Against Humanity, où les joueurs s'insultent en complétant des textes à trous, à l'aide de cartes affichant des mots plus ou moins colorés. Et finalement, les amateurs de mystères pourront se tourner vers The Box, qui va satisfaire les plus curieux en leur faisant ouvrir des boîtes. Plein de boîtes.

Créez !

Vous avez un projet de dingue mêlant habilement le poker, le Subbuteo et la gestion typiquement allemande ? Tabletop Simulator est un excellent point de départ. Bien qu'intuitif, le soft ne va toutefois pas vous mâcher le travail puisqu'il vous faudra digérer quelques tutos et supporter une phase d'importation d'éléments, qui peut vite devenir rébarbative, lorsqu'on a par exemple 150 cartes à intégrer dans son jeu. Pour comprendre de quoi il en retourne, commencez donc par la « vidéo officielle » (http://cpc.cx/kCH) qui vous enseignera toutes les bases, puis continuez avec le « wiki tout aussi officiel » (http://cpc.cx/kCI) et enfin, éclaircissez les zones d'ombre en posant vos questions sur « le forum vachement officiel promis j'arrête c'est lourd » (http://cpc.cx/kCJ).