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Genre : coopératif, placement de dés, puzzle
Créateur : Malachi Ray Rempen
Illustrateur : Malachi Ray Rempen
Éditeur : Lucky Duck Games
Nombre de joueurs : 1 à 4 (et jusqu’à 6 avec des ajustements)
Nombre de joueurs optimal : 3
Durée : une heure à une heure et demie
Complexité : modérée
Surface de jeu recommandée : table du salon
Prix : de 40 à 45 €
Ce n’est pas un jeu sur le cinéma, mais sur la fabrication d’un film. Un choix futé, qui évite la litanie de références ou de clins d’œil, tout en déclinant parfaitement un thème. L’auteur a travaillé dans le milieu, et évoque avec humour la grande pagaille qui règne sur un tournage. Producteur qui embauche sa nièce, directeur photo qui veut filmer en 120 mm, ingé son qui oublie de lancer l’enregistrement… et autant de solutions de bric et de broc pour prouver que « chaque film qui sort est un miracle ». Mais si Ça tourne ! évite certains pièges, il tombe parfois dans d’autres.
Issu d'un Kickstarter, le jeu a une boîte amusante mais un insert en plastique très dispensable. Dommage.

À jouer entre spots.

Chacun son rôle (réalisateur, monteur, etc.) et ses actions spéciales. Ensemble, sans dépasser le budget ou le planning, il faut tourner cinq scènes, et que la qualité du résultat soit tout sauf médiocre. Un succès surprise, voire un chef-d’œuvre et c’est gagné, mais – idée rigolote – un nanar qui touche le fond devient culte et marche aussi. À son tour, chacun lance des dés spéciaux et distribue les faces sur des actions pour, par exemple, poser une tuile décor au centre, les réorganiser, régler l’une des cartes « problèmes » qui s’accumulent, lancer une réunion dans laquelle des joueurs pitchent une de leurs cartes « idée », ou jouer une action unique de son plateau personnel.

« Dans un moment de panique, assignez des tâches au hasard », une conférence de rédaction classique pour nous.
Tout se tient à peu près et – ha ha – ça tourne. On trouve même de bonnes choses. Filmer une scène, par exemple, implique de reproduire un schéma de faces sur les cases bleues des tuiles décors que le groupe a réussi à poser au centre. Un petit puzzle retors. Les réunions de prod', elles aussi, sont originales. Des cartes pitchées, une seule sera jouée immédiatement après débat, une autre réservée (devenant une action) et la dernière défaussée.

Rigolo, mais pas le Spielberg Des Jahres.

Ce n’est pas désagréable, l’humour est bien distillé et l’amour du thème évident. Mais Ça tourne ! reste complexe pour des débutants et n’échappe pas à deux grands écueils des jeux coopératifs. D’abord, un « joueur alpha », qui prend toute la place vocale, trouvera ici un terrain de jeu parfait. Certes, si on décide qu’il est le producteur, cela reste thématique, mais toujours pénible. Ensuite, la litanie des « problèmes » finit par ressembler à un tonneau des Danaïdes, rythmant les tours de manière un peu similaire. Un système classique un peu répétitif, qui ralentit le tempo et aurait mérité d’être mieux dosé.

Peut-être que l’envie d’être un jeu de placement de dés stratégique tout en gardant une composante de jeu d’ambiance était un peu difficile à équilibrer. Reste un jeu sympathique, mais parfois brouillon. Le genre dont on se dit « tiens, j’attendrai le 2 ».