Créateurs : Lucas Zach, Michael Palm
Illustrateur : Paul Riebe
Éditeur : Gigamic
Nombre de joueurs : 1 à 6
Nombre de joueurs optimal : jusqu'à 4
Durée : 45-60 min
Complexité : très accessible
Surface recommandée : grande table
Prix : 40 €
Le jeu vidéo Dorfromantik avait déjà tout d’un super jeu de plateau, mais il avait aussi un défaut : on ne pouvait pas toucher ses petites tuiles avec les doigts. Fort heureusement, cette période sombre est derrière nous, parce que son adaptation en jeu de société vient de sortir en version française.
Rivière à détente.
Dans le jeu de plateau, c’est le même principe : tous les joueurs se collent autour d’une table et y posent un gros tas de tuiles. Des tuiles hexagonales qui représentent des forêts, des maisons ou des champs, et qu’il va falloir poser les unes à côté des autres chacun son tour pour former un village qui grandit progressivement. On ne peut coller une tuile qu’à côté d’une autre tuile, bien souvent en réfléchissant à la façon dont elle va se connecter pour former de vastes forêts ou une rivière qui court au milieu du terrain. Un tour de jeu ne va donc consister qu’à piocher et poser une tuile mais en quelques minutes, on comprend que Dorfromantik est un redoutable jeu d’optimisation où les plus beaux hameaux ne tiennent qu’à de bonnes décisions. Et qu’il n’a pas besoin de beaucoup de mécaniques pour tordre notre cerveau comme un gant de toilette.La version plateau de Dorfromantik fait tout aussi bien que sur un écran, les animations mignonnes en moins.
Ce soir on se bourg la gueule.
L’idée d’une campagne à embranchements pour l’adaptation physique est toute simple, mais amène un sentiment de progression qui la rapproche de son homologue virtuel. On va compter les points puis avancer sur cette grande feuille bleue, où chaque point d’intérêt amène des cartes à débloquer, de nouvelles tuiles à utiliser et forcément, des contraintes supplémentaires à avoir en tête. L’équipe dispose de plus de cordes à son arc, mais aussi de nouveaux nœuds de cerveau à démêler.Séjour à la campagne
Dorfromantik, c’est un joli mot allemand qui désigne ce sentiment de nostalgie qu’éprouvent les Parisiens quand ils mettent le pied à la campagne. Mais si ça ne vous enchante pas d’entendre crier « regarde, une vache ! » devant chaque champ, c’est un voyage qui peut aussi se vivre en solo. Le jeu de plateau se joue exactement de la même façon qu’on soit seul ou à plusieurs, c’est juste qu’on réfléchit avec un seul cerveau. Voyez ça comme un puzzle interactif, et vous tiendrez là une activité de choix pour occuper un dimanche après-midi avec un peu de musique.
On avait déjà affaire à un super jeu de plateau virtuel en 2021 alors naturellement, la version physique n’a pas trop à forcer pour assurer la relève. Elle fait tout aussi bien que sur un écran, les animations mignonnes en moins. C’est une bonne chose, parce que les gens qui ont déjà essoré le jeu vidéo peuvent trouver dans la boîte de Dorfromantik une nouvelle façon de vivre l’expérience, avec une longue campagne et quelques nouvelles tuiles au passage. Et ceux qui n’étaient pas encore tombés dedans découvriront une sorte de Carcassonne minimaliste tout doux, mais aussi une porte d’entrée vers l’une des plus dangereuses addictions de ces dernières années. La chance.
Images : © Gigamic