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Genre : prise de risque, pousse-au-crime
Créateur : Reiner Knizia
Illustrateur : Odang
Éditeurs : Mandoo Games, Blackrock Games pour la VF
Durée : une demi-heure
Complexité : accessible
Surface de jeu recommandée : table basse
Prix : 18 €
C’est une règle de vie : je n’attends parfois qu’une demi-heure après manger avant de me baigner, je me contente souvent, au péril de ma santé, de quatre fruits et légumes par jour, je possède trois peignoirs volés dans des hôtels. Il n’existe aucune limite à ma frénésie d’imprudences. Mon profil, c’est celui des gens qui adorent Gang of Dice, le dernier Reiner Knizia. Le bonhomme a fait pas loin de 700 jeux et arrive encore à sortir, parfois, des trucs qui me font frétiller alors que Claude Lelouch n’a sorti que 50 films et j’espère tous les jours qu’il prenne sa retraite.

Ici c’est pari.

Dans Gang of Dice, vous allez – tenez-vous bien, ça va surprendre – lancer des dés. Celui qui a fait le plus gros score gagne la manche et au bout de douze, on fait le total. Voilà, bonne journée merci de nous avoir lus. Bon, non bien sûr. Vous allez lancer autant de dés que vous voulez avec ce qu’il vous reste et, en faisant cela, vous les mettez au pot. Et chaque manche s’accompagne d’une carte de contrainte. Parfois elle vous interdit quelque chose après vos relances libres, parfois elle dit « oh, dommage ! » tout de suite.

Par exemple, certaines vous font perdre si vous avez deux chiffres qui se suivent après vos relances, d’autres vous éliminent immédiatement si vous faites un double. Tout consiste donc à bien choisir combien l’on va parier de dés pour faire mieux que les joueurs précédents et défier les suivants. Mais cette petite fouine de Reiner vous pousse à monter la mise, car les égalités se règlent au bénéfice du plus grand nombre de dés lancés, et comme il y a une face neutre… c’est tentant même lorsqu’on ne devrait pas surenchérir.

Craps suzette.

« Donc c’est du hasard ? » Franchement, un peu, mais pas complètement. D’abord, car certaines contraintes sont évitables en réfléchissant deux minutes, mais surtout, car la seconde couche de ce genre est, au fond, de FAIRE lancer des dés. D’être le petit diablotin sur l’épaule des autres, celui qui murmure « vas-y. Neuf dés, franchement ça passe », alors que la cote est de dix mille contre un.

Perdre un dé, c’est perdre un point à la fin. Tout le monde commence aussi la partie avec une pile de jetons qui en valent trois chacun et les dernières manches en rapportent en plus. Vous n’avez plus rien à lancer ? Donnez un jeton à un adversaire qui doit vous l’échanger contre trois dés. Une idée maligne qui évite de devoir fournir deux cents dés avec la boîte. Gang of Dice est un petit jeu assez génial à condition d’y jouer à quatre (à deux ou trois, c’est moins drôle) et une pipe à crack pour ceux qui, comme moi, aiment tenter et être tentés. Je vous laisse, j’ai rendez-vous avec le juge pour mon surendettement.