Accès libre
Test
Miams
Pulpe fiction
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Miams
Pulpe fiction
Genre : dés, Yam's, ambiance,
Créateur : Jules Messaud
Illustrateur : Ben Renaut
Éditeur : KYF Edition
Nombre de joueurs : 2 à 5
Nombre de joueurs optimal : 5
Durée : 30 minutes
Complexité : accessible
Surface de jeu recommandée : table du salon
Prix : 19 €
Créateur : Jules Messaud
Illustrateur : Ben Renaut
Éditeur : KYF Edition
Nombre de joueurs : 2 à 5
Nombre de joueurs optimal : 5
Durée : 30 minutes
Complexité : accessible
Surface de jeu recommandée : table du salon
Prix : 19 €
Perco
le 14 octobre 2025
| Modifié le le 16 janvier 2026
Parlons un peu d’histoire. L’origine de certains jeux reste mystérieuse, ou se perd dans les limbes. Pas celle du Yam's, même si elle paraît parfois plus tenir de la légende que d’autre chose.
Le Yam's donc, serait une contraction de « Yacht Game », car il aurait été inventé en 1954, par un couple de riches Canadiens, uniquement dans le but de divertir leurs invités à bord lors de leurs soirées jeux. Incapables de faire quoi que ce soit de leurs dix doigts boudinés par le foie gras, le couple commissionne Edwin S. Lowe, un fabricant, pour leur faire des exemplaires à distribuer à leurs convives fortunés, pour chez eux. Ce dernier, conscient du potentiel addictif de ce petit jeu de dés, leur offre 1000 copies en échange des droits de propriété intellectuelle. Il en vendra 40 millions, avant d’être racheté par Hasbro. Moralité : le ruissellement, ça fonctionne et, à la fin, Hasbro rachètera tout le monde.
Donnez-nous notre pépin quotidien
Si je vous parle de cela, c’est pour que vous compreniez qu’un jeu de Yam's, en 2025, était un projet qui me semblait un peu délicat à rendre sexy, tant il est devenu un classique un peu immuable. Bon sang que j’avais tort.Je viens de passer tout l’été à faire jouer des gens à Miams. Des grands, des petits, des joueurs, des non-joueurs, des amoureux de dés et des allergiques au hasard. Ma petite boîte sous le bras, je finissais par avoir l’impression de porter la bonne parole : « Et ils jouèrent tous à Miams, et ce fut bon. »
L’agrume des jours
Cette sorcellerie, on la doit à Jules Messaud, dont l’Akropolis, malgré son succès, m’avait laissé de marbre. Ici, loin de rester sur les berges tranquilles d’une créativité sage, il a décidé de se lâcher, et ça fait du bien. L’idée générale ? Un Yam's survitaminé, dans lequel les joueurs récupèrent tous un pouvoir surpété chaque tour.Un tour est donc bête comme tout : on lance ses dés, on utilise une relance gratuite pour ce qui ne nous convient pas, et on marque des points en fonction de la « brochette » obtenue (paire, brelan, full, suite de fruits similaire, cinq fruits différents), puis on achète une carte pouvoir sur une rivière ou, si l’on ne possède pas assez d’étoiles (la monnaie du jeu, qui ajoute aussi des points à la fin), on récupère le pouvoir gratos, il y en a toujours un car les cartes de la rivière coulissent.
Pour la beauté du zeste
Ces pouvoirs sont magnifiques : transformer des faces de dés, doubler les points de ses combinaisons à condition de renoncer définitivement à un dé, déclencher les cartes qui s’activent lors du scoring deux fois de suite, etc. C’est bien simple, avant même de rentrer dans le cœur du jeu, les combos et combinaisons, TOUT fait envie et déclenche un « Ah, ça, c’est fort » autour de la table.Chacun a sa petite fiche, pour entourer ses combinaisons, récupérer parfois des jetons bonus (un dé temporaire en plus, ou des relances supplémentaires), et cocher des cases gratuites (et avancer vers les cases plus rentables) lorsqu’un autre joueur a la malchance de tirer des croix. Juste ce qu’il faut pour que tout le monde s’intéresse aux tours des autres et que les joueurs incitent au crime : « Oh, vas-y, relance juste les fraises, tu as une chance de faire une suite. »
Il ne lui mangue rien
Dès ma première partie, je savais que Miams était fun, que je l’aimerais et qu’il serait très facile à sortir. Ce que j’attendais moins, c’est découvrir au bout d’une centaine qu’il ne me lassait absolument pas. Car, sous ses airs de fête du slip de pouvoirs abusés, il révèle une profondeur inattendue. D’abord, car toutes les stratégies se révèlent viables, et que la construction d’un vrai petit tableau de cartes cohérentes, dont les effets se complètent ou se corrigent, devient un vrai jeu dans le jeu, pour atteindre des scores qui semblaient inatteignables au début.Ensuite, car même avec des joueurs plus aguerris, il crée des comportements plus travaillés : observer les combos des autres pour leur damner le pion sur un achat de carte et casser leur élan, jouer le rush (le premier à 50 points déclenche la fin de partie, mais ne l’emporte pas forcément) ou construire plus lentement, mais tout miser sur l’accumulation d’étoiles et scorer comme un cochon à la fin, fabriquer un tableau de pouvoirs de transformation des faces de dés, qui rendent chaque lancer presque anecdotique tant on en fait ensuite ce que l’on veut, etc. Il y a mille approches possibles et tout dépend de la table, du hasard de la rivière, des risques que l’on est prêt à prendre.
Tu bluffes, je ne suis pas drupe !
J’en suis même au stade où, avec certains de mes joueurs habituels, je sais que telle ou telle stratégie peut être viable en fonction du caractère de chacun. Gégé est joueur, il a tendance à trop relancer pour le sport et les pouvoirs me donnant des coches supplémentaires sont donc un bon choix, Michel rushe toujours les 50 points, une stratégie longue est donc une mauvaise approche.Ajoutez la direction artistique à la Cuphead absolument somptueuse de Ben Renaut (Présages), et vous obtenez mon jeu préféré de cette année, celui que j’emporte avec moi, sur le yacht Canard PC, avec la certitude de plaire à tout le monde.
Images : KYF Edition