Genre : infiltr'action
Développeur : Epic Banana Games (États-Unis)
Éditeur : Epic Banana Games
Plateforme : Windows
Date de sortie : 2024 ou 2025
Sur Steam, on peut jouer gratuitement au tout premier Datajack, sorti en 2021. Il s’agit d’une suite de petites missions d’infiltration, où un hackeur-ninja en manteau long sorti de Matrix doit rentrer dans divers bâtiments vus à l’isométrique. Un projet avec un gros potentiel, mais encore trop simple – et aux graphismes trop frustes – pour son créateur, qui n’a jamais voulu le vendre contre de vrais dollars. D’ailleurs, sitôt le jeu sorti, il s’est attelé à une suite plus belle, plus grande, plus complexe, plus réaliste. Une suite qui est devenue, dès que j’ai appris son existence, l’un des jeux que j’attends le plus au monde.

J’aime quand implant se déroule sans accroc.

« Avec Datajack 2020, mon objectif est de me rapprocher de ma vision initiale, nous explique Ryan Foltz, le Californien qui bosse tout seul sur ce projet. La moitié de cette vision, c’est une simulation réaliste de cambriolage, où l’on tente de déterminer comment passer les gardes, les points de contrôle, les verrous électroniques, les alarmes, les capteurs et les caméras. L’autre moitié, c’est un genre de William Gibson qui aurait croisé l’ultraviolence de Judge Dredd, avec des armes aux dimensions absurdes. »

Afin que ces deux visions se réalisent, Ryan Foltz a décidé de bourrer Datajack d’outils laissés à la disposition du joueur : piratage, bluff, explosifs, implants cybernétiques, électricité, flingues, fumigènes, destruction du terrain, tout est là pour que chacun puisse être aussi discret ou aussi excessif que possible. « Je reconnais que c’est un vrai défi, mais je voudrais permettre tous les styles de jeu. Ça a fonctionné dans le premier Datajack ! explique le développeur.  Je veux laisser de la place au joueur pour qu’il explore des solutions auxquelles je n’avais pas pensé moi-même. Quand tout est scripté et donné clé en main, je trouve ça moins intéressant – c’est un souci qu’ont les Hitman. Je voudrais que le joueur pense lui-même à une stratégie et l’exécute. »
Les ennemis auront plusieurs niveaux d'alerte et n'hésiteront pas à appeler des renforts.

Deux questions à Ryan Foltz, créateur des Datajack

Canard PC : Quelles sont vos sources d’inspiration pour les Datajack ?
Ryan Foltz :
Le Shadowrun de la Super NES, celui de la Megadrive, Syndicate, Deus Ex et Myth. J'avais lu un article sur Shadowrun dans le magazine Nintendo Power et j'ai passé du temps à imaginer le genre de jeu que ça pourrait donner. Bien sûr, lorsque j'ai finalement pu y jouer il n'a pas répondu à mes attentes, et ça m'a donné envie de créer moi-même ce jeu afin de pouvoir y jouer.

Est-ce qu’il y aura besoin de planifier soigneusement notre approche de chaque mission dans Datajack 2020 ?
Je fais tout pour que la planification ait une large place dans le jeu, mais je ne veux pas l'imposer à un joueur qui s’en ficherait. Du coup, la phase de préparation permet de choisir son matériel, d’opter entre différentes tactiques (acheter un déguisement ou un faux badge), d’étudier la carte, de sélectionner un point d’insertion – par exemple, avec un hélicoptère, peut-être qu’on peut démarrer sur le toit. Mais je suis conscient aussi que les joueurs ne s’intéressent pas forcément à ça et veulent souvent juste se plonger dans l’action.

Je me suis toujours beaucoup inspiré des films d'action des années 1990, comme Mission : Impossible ou Ronin. J'aimerais qu'on puisse passer énormément de temps à chercher la bonne façon d’effectuer un casse, mais je ne pense pas que cela se traduirait par un jeu auquel beaucoup de gens voudraient jouer. Même si personnellement j'adorais les premiers jeux Rainbow Six, avec leurs tactiques et leurs équipements réalistes, où l'on pouvait passer plus de temps à planifier qu'à jouer. Je voudrais conserver un peu de ça dans Datajack 2020.

Cyberpunk 1997.

Dans le milieu du jeu vidéo, on sait que les promesses d’un développeur valent à peu près autant que celles d’un type qui vend un écran OLED « état neuf » à 20 € sur Leboncoin. Mais Ryan Foltz a un énorme avantage en termes de crédibilité : celui d’avoir déjà sorti un jeu similaire. Quand il parle d’ouvrir une brèche à l’explosif dans un plafond et s’infiltrer par la cage d’ascenseur, de couper l’électricité et se faufiler dans le noir ou de lancer une grenade fumigène dans une pièce et se ruer dedans pour découper tout le monde au katana, ça n’est pas juste une idée en l’air mais quelque chose qu’on pouvait grosso modo déjà accomplir dans le premier Datajack.

Dans sa version de travail actuelle, le jeu permet de passer à la volée de l'isométrique à la troisième personne.
Cela étant dit, Datajack 2020 ne proposera pas qu’une refonte graphique, même si je suis conquis par sa nouvelle caméra à l’épaule, utile pour les combats ou pour se croire instantanément transporté dans Deus Ex (les gratte-ciel bleutés dans la nuit, ça ne rate jamais). C’est aussi l’occasion pour son créateur de s’éloigner de la science-fiction proprette du premier opus pour revenir à la brutalité sombre du cyberpunk des années 1980-90 et d’enrichir son contenu avec des factions à contenter, des arbres de compétences, des mécaniques spéciales pour le piratage et le crochetage, et un hub à explorer entre deux missions pour acheter de meilleures armes ou des jambes cybernétiques. Un programme alléchant, mais ne soyons pas trop pressés, Datajack a encore besoin d’un ou deux ans pour maturer avant de débarquer et, peut-être, de rallumer la flamme des jeux d’infiltration.