La tête dans le seau, le moral dans les chaussettes, l'estomac dans les talons, une araignée au plafond, un petit vélo dans la tête et des choses en travers de la gorge : il y a des jours où rien n'est en ordre, où tout a foutu le camp pour aller se fourrer n'importe où. Et puis plus ça va moins ça va. Alors on décide qu'on va se remettre les idées en place. Et ça marche plus ou moins. C'est un peu l'histoire de nos deux jeux du jour. Ce qui permet a minima de se sentir moins seule.


Umfend

Umfend – SOS Maison hantée.

Umfend commence comme l'un de ces jeux d'aventure à la première personne. Sur un grand tableau blanc, accroché au mur du garage un peu sombre d'une maison pixellisée, vous avez inscrit une liste de choses à faire. Dans votre obéissance à vous-même, vous commencez à accomplir les tâches. Trouver des piles, arroser la plante verte… oui, tout cela a la saveur d'un quotidien anxiodépressif. Mais bien vite on quitte la souffrance quotidienne, la névrose douce-amère, pour une tout autre dimension. Quel est cet appareil que vous mettez en branle ? Est-ce lui qui provoque ces phénomènes ? Umfend n'échappe pas au côté petit train fantôme qui guette souvent les jeux d'angoisse en univers clos. Vous verrez apparaître des choses, des glitches et des idées menaçantes. Il y a des portes qui se ferment et d'autres qui s'ouvrent, des lumières qui clignotent, des chaises au plafond et le noir qui vous enveloppe… mais c'est traité avec suffisamment de finesse pour fonctionner la plupart du temps. On finit par tourner en rond dans la maison, et même si l'on ne ressent pas au départ exactement ce que subit le personnage, cette circulation forcée finit par faire vriller un peu. Bizarrement, ce qui me restera de cette vingtaine de minutes, c'est le scintillement de l'image, son grain. Dans lequel il est facile de projeter le sien.

Genre : angoisse subjective développeur : Aihasto URL : https://aihasto.itch.io/umfend 

Umfend

Aline – Sentimental bourreau.

Au commencement d'Aline, tout est à sa place. Il y a un lit. Mais votre personnage ne veut pas se coucher. Une porte. Mais votre personnage ne veut pas sortir. Une télévision et sa console de jeux. Et là, ce n'est pas votre personnage, mais vous qui décidez si vous voulez jouer ou non. Et je ne vous apprends rien, si vous voulez jouer, il vous faut décider que votre personnage a envie de jouer. Ce qui s'ouvre alors à vous n'est pas très rigolo. C'est même assez triste. Le genre de tristesse qui implique d'assister à des funérailles. Vous vous promenez avec les touches directionnelles du clavier dans un village, une forêt, un cimetière. Les lignes des dessins gigotent sur fond sombre, on ne sait pas bien si l'on est réellement dans un jeu. Ou si ça ne serait pas plutôt des souvenirs, un monde parallèle ou un paysage mental auquel président des ours gigantesques, des labyrinthes sylvestres et des villageois fatalistes. La plupart du temps, cette démo (Aline a vocation à devenir un jeu plus long) propose une sorte de déambulation contemplative et un peu tourmentée. Mais il y a aussi des moments de grande tension, pendant lesquels vous devrez par exemple échapper à d'odieux poursuivants ou vous orienter dans un décor rongé par l'obscurité. Aline fleure bon le projet nourri de sentiments, et ça remet les idées en place.

Genre : ambiancedéveloppeur : Robin Beaurepaire (France) – URL : https://kano-stuff.itch.io/aline

Umfend
Umfend
Umfend
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