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Genre : gestion, survie médiévale
Développeur : MinMax Games (Canada)
Éditeur : Hooded Horse
Plateforme : Windows
Téléchargement : 530 Mo
Sortie prévue : NC
Langues : français, anglais
Prix actuel : 20 €
La solution n'est jamais dans la violence. Ce que je vous propose plutôt, c'est de réapprendre à lutter contre le froid grâce aux techniques de nos ancêtres. Vous pouvez par exemple confectionner des pyjamas avec la peau du gibier que vous braconnerez au parc municipal Georges Brassens. Ou enduire de torchis les murs de votre F2 à Bagnolet afin d'améliorer l'isolation – sous réserve de l'accord du syndic de copropriété. Les plus courageux iront ramasser des branches sur les bords de la départementale pour alimenter la cheminée de fortune qu'ils auront bâtie avec des pierres récupérées sur les ruines du commissariat voisin. Et comme le supermarché aura brûlé à cause d'une émeute de gilets jaunes, il faudra aussi réapprendre à se nourrir de baies et à poser des pièges à lapin. Bien sûr, nous allons en chier. Petits privilégiés que nous sommes, nous détestons sortir de notre zone de confort. Alors nous devons nous préparer. Nous avons un mois avant l'arrivée des grands froids, et je vous conseille vivement de le passer sur Clanfolk.
Jeu de survie, de crafting, d'agriculture, d'élevage, Clanfolk propose même un petit volet Bed & Breakfast avec l'accueil des voyageurs de passage. Ils paieront selon la qualité de la chambre et de la nourriture.

La vie sans 220 volts.

Après une bonne vingtaine d'heures passées sur ce clone de Rimworld, je me sens tout à fait prêt à affronter la fin de l'abondance. Car là est toute la thématique du jeu. Il se déroule dans l'Écosse médiévale, mais cela pourrait aussi bien être l'Île-de-France à l'hiver 2023. Vous êtes à la tête d'une famille sans le sou qui se retrouve au milieu de la cambrousse et doit survivre, sans aucune aide de l'État, sans prise en 220 volts, sans Deliveroo, sans chaudière centrale. Cela nous donne un bon avant-goût du futur de notre pays : couper des herbes pour construire des cahutes en paille, se laver dans la rivière, chier dans un trou entre deux buissons, ramasser des champignons, et surtout trouver le moyen de ne pas crever en hiver.

Vous n'avez plus de brocs d'eau pour ramasser la neige ? Votre famille va puer la mort.

Cette saison est traditionnellement le premier challenge des jeux de ce genre, mais Clanfolk se démarque par sa brutalité. Le jeu ne pardonne rien et simule avec un niveau de détail enthousiasmant tout ce qui peut ruiner une jolie petite colonie : le pourrissement de la nourriture, les braises de la cheminée qui foutent le feu aux murs en paille, le manque de vêtements chauds, la disparition du gibier, les toits qui s'écroulent, l'impact du vent sur les températures... C'est encore plus vicieux que dans Rimworld. Vous n'avez plus de foin à la fin de l'automne ? Game Over. Vous n'avez pas pensé à construire des brocs d'eau en terre cuite pour ramasser la neige ? Votre famille va puer la mort. Vous n'avez pas anticipé que le lac allait geler et que vous ne pourriez plus attraper d'anguille ? Tout le monde crèvera de faim.

Le moment où ça clique.

Les premiers moments de Clanfolk sont donc un peu raides. Je vous avoue que sans quelques recherches Google, du genre « Clanfolk food winter », je serais probablement en train de m'ouvrir le bide après une douzième tentative ratée de survivre au premier hiver. Il y a beaucoup de ressource, beaucoup d'objets, et l'interface (qui recouvre parfois le quart de l'écran d'icônes de machin à construire) peut faire peur. Mais vous avez déjà vécu ça. Et comme dans Rimworld, comme dans Dwarf Fortress, il y a toujours ce moment magique où ça clique, où l'on se dit « OK, j'ai pigé comment ça marche, maintenant je relance une partie et je vais faire une base parfaite ». Personnellement, j'ai eu la révélation un jeudi soir vers minuit. Le lendemain, je me suis réveillé à 9 h 00, j'ai pris mon petit déj', j'ai lancé le jeu sur une nouvelle carte, et je n'ai trouvé la force d'arrêter qu'à... 17h30. Terrifiant.

Bien sûr, Clanfolk fonctionne parce que c'est un jeu à la Rimworld. Et que ces jeux sont aussi addictifs qu'un morceau de sucre trempé dans de l'alcool, de la nicotine et du crack. On y retrouve le plaisir de ranger des ressources, de donner des ordres, cette fois-ci pour construire un beau domaine campagnard, avec l'étable, la cuisine rustique, les sols en tomette, les toits en chaume. Les chats chassent les rats, le pain cuit dans le fournil, le bois craque dans la cheminée, l'ambiance est merveilleusement cottagecore. Mais il y a aussi tout un aspect générationnel très réussi, qui donne un objectif de long terme assez plaisant. Pour agrandir la famille, on doit embaucher des travailleurs journaliers, maximiser leur satisfaction et espérer qu'ils tombent amoureux d'un des rejetons lorsqu'il sortira de l'adolescence. On aménage ensuite au jeune couple une chambre privative avec un lit double confortable, et l'arbre généalogique s'étoffe au fur et à mesure des naissances. C'est beau. Malgré la rudesse du climat, le manque de nourriture, les privations, le grand cycle de la vie continue. Une belle leçon pour notre pays.

En l'état

ackboo le 29 septembre 2022
Clanfolk m'a happé vingt heures en trois jours. Impossible d'arrêter de jouer à cet excellent clone médiéval de Rimworld, il y a toujours quelque chose à crafter, un bâtiment à agrandir, une nouvelle ressource à exploiter, un bébé à naître. Il manque encore un peu d'ameublement et de déco (cela devrait arriver dans une prochaine mise à jour), mais le contenu est déjà bien suffisant pour justifier l'investissement. J'y retourne, je viens d'acheter ma première vache.
Sans danger