Genre: Don't Starve en ligne droite
Developpeur: Solar Sail Games (Royaume-Uni)
Editeur: Curve Digital
Plateformes dispo: PC Windows et Nintendo Switch ; PS4 et Xbox One plus tard dans l'année
Plateforme test: PC Windows
Langues: français
Config: PC de joueur
Telechargement: 500 Mo
Prix: 25 €
Drm: Steam
Date de sortie: 31/05/2018
| Modifié le le 25 mai 2021
Je ne sais pas si vous savez, moi en tout cas je l’ignorais jusqu’au mois dernier, mais les émojis Unicode peuvent être combinés à l’aide d’opérateurs arithmétiques. Par exemple, homme + balance = juge. Femme + école = institutrice. Drapeau + arc-en-ciel = rainbow flag. L’idée est tellement bonne que je propose qu’on l’utilise immédiatement afin d’établir une classification scientifique des jeux vidéo. On pourrait commencer par l’équation suivante, dont j’ai découvert l’existence en jouant à Smoke and Sacrifice : Don’t Starve − monde ouvert = Zelda.
La Klei des songes.
Impossible, devant Smoke and Sacrifice, de ne pas penser à Don’t Starve. Bien que les personnages façon paper doll, et surtout leurs visages, tiennent plus d’Angela AnacondaNote : 1 que des crayonnés façon Klei Entertainment, les ressemblances sont trop nombreuses, tant au niveau du style visuel que du gameplay, pour ne pas y penser. Exploration d’un monde mystérieux divisé en biomes (marais, glace, ville...) chacun peuplé de sa propre faune, importance cruciale du cycle jour-nuit, nécessité de récupérer des ressources et de fabriquer de quoi survivre et s’équiper... On croise même des créatures porcines et anthropomorphes, c’est dire. Principale différence, mais de taille : contrairement à celui où a été exilé Maxwell, la géographie du monde qu’explore Sochi est statique, et la progression au sein de celui-ci plus ou moins linéaire. Seul son écosystème est totalement dynamique.Note 1 : Si vous n’avez jamais vu ce dessin animé, estimez-vous heureux, c’est autant d’années de cauchemars et de psychothérapie en moins.
Il y a de l’éco.
Et ça, pour être dynamique, il l’est. Certains champignons ne peuvent être cueillis que la nuit (enfin, pendant les « heures enfumées » qui font office de nuit), période durant laquelle certains ennemis changent de comportement et lâchent un butin différent ; les créatures se reproduisent, ont des aliments préférés, ce qui nous donne l’occasion de confectionner des appâts pour les capturer ; une plante, que l’on peut déraciner et replanter à loisir, se met à briller lorsqu’une luciole s’y glisse, permettant au joueur d’installer des lampadaires de fortune... Découvrir toutes ces combinaisons vous prendra un certain temps. Peu à peu, en écoutant les conseils des nombreux PNJ qui peuplent Smoke and Sacrifice, on apprend par exemple qu’il faut assommer les monstres de glace avec un marteau pour les empêcher de s’enfuir, ou que les nids de guêpes doivent être enfumés avant de pouvoir s’en approcher sans se faire piquer. Chaque leçon nous rend davantage maîtres d’un monde jusque-là hostile.
Nature morte.
« Eh, mais tu viens de nous spoiler la découverte de l’écosytème ! » Mais non les amis. Smoke and Sacrifice, je vous le disais plus haut, n’est pas un open world mais un jeu dans lequel on progresse graduellement. Pas d’expérimentation personnelle possible, le jeu ne vous donnera accès à un nouvel objet que lorsque vous en aurez besoin pour avancer, et vous dira immédiatement quoi faire avec, le tout au sein d’une progression très linéaire. Vous obtiendrez ainsi des chaussures fourrées pour vous protéger du froid (et accéder à de nouvelles zones), puis des chaussures en caoutchouc pour marcher sur des secteurs électrifiés, puis des chaussures ignifugées... Comme dans un metroidvania, chaque objet n’est finalement là que pour donner accès à une nouvelle région du monde. Notez que ce n’est pas, en soi, un défaut. Smoke and Sacrifice est beau (mention spéciale à l’ambiance sonore, très réussie), ses combats pas passionnants mais tolérables et son univers assez étrange pour qu’on ait envie de l’explorer, qu’on connaisse de grands moments de jubilation quand, comme dans un Zelda, on gagne accès à une nouvelle zone, ou bien au marteau ou à la pelle qui va nous permettre de récupérer les objets restés jusque-là inaccessibles dans les secteurs déjà explorés.