Genre: jeu de rôle, tactique au tour par tour
Developpeur: Cultic Games (Turquie)
Editeur: 1C Entertainment
Plateformes dispo: PC Windows, Linux, Mac
Plateforme test: PC Windows
Langues: VF passable, VO anglaise admirable
Config: carte graphique dédiée requise
Telechargement: 1,5 Go
Prix: 25 €
Drm: Steam
Date de sortie: 26/09/2019
| Modifié le le 25 mai 2021
Le début est vraiment très bien. Ça se passe dans une ville déserte, dont les rues ont été vidées par une épidémie. Le héros, enfermé chez lui depuis des semaines, reçoit un étrange message d'un psychologue suisse : « J'ai trouvé quelque chose qui pourrait vous intéresser. » Attaché au message, un lien vers un jeu dans la boutique Steam, Stygian: Reign of the old ones.
Note 1 : Merci pour la reco, @niels_weber
La question n'est pas de savoir si le personnage va devenir fou mais quand.
Résidents et ville.
Comme The Sinking City, Stygian a choisi pour cadre une ville malade dont il est impossible de s'enfuir. Mais là où l'Oakmont de Sinking City n'était qu'un décor, certes très réussi, que l'on parcourait en se rendant d'une quête à la suivante, l'Arkham de Stygian est une véritable ville, sortie d'un film noir cradingue, avec ses armuriers louches, ses prostituées, ses mafieux patibulaires et sa pléthore de PNJ mémorables et de quêtes secondaires. Avant même le début de la partie, on comprend que, niveau rôlisme, le jeu de Cultic Games boxe dans une autre catégorie que celui de Frogware (et, encore davantage, que le Call of Cthulhu de Cyanide). Non content de choisir le sexe, l'âge, les compétences et le background de son personnage parmi des dizaines (policier véreux, psychiatre, occultiste...), on doit également opter pour un alignement. Scientiste, nihiliste, humaniste, religieux... Sur quel socle de croyances reposera la psyché de notre personnage, qui lui permettra de garder prise et de ne pas sombrer dans la folie lorsqu'il sera confronté à l'horreur ? Cela n'a rien d'un choix accessoire : roleplayer correctement l'alignement de son héro·ïne, notamment lors des dialogues, permet de récupérer de précieux points de santé mentale. Un humaniste se sentira mieux en aidant son prochain, une nihiliste en se rappelant régulièrement que de toute façon on finira tous dans le même néant.
Fou allié.
C'est lors des combats, surtout, que l'équilibre mental du personnage sera mis à rude épreuve. Ceux-ci, qui mettent en scène, en plus du personnage, jusqu'à deux compagnons plus un « garde du corps » uniquement actif lors des combats, se déroulent au tour par tour, sur une grille un peu semblable à celle des Might & Magic. Si le positionnement est de la plus haute importance (conseil : débrouillez-vous pour prendre vos adversaires en tenaille et les attaquer dans le dos), l'anéantissement de toute présence ennemie ne l'est pas. Une fois un pourcentage suffisant de méchants dégommés, une sortie apparaîtra à l'extrémité de l'écran et, si votre groupe parvient à l'atteindre, le jeu considérera qu'il a réussi à échapper à ses ennemis, et le combat sera compté comme une victoire.Mais même en évitant le plus possible de se confronter à l'horreur, chaque exposition à un danger mortel fera gagner au protagoniste quelques points d'angoisse, sorte d'XP inversés, qui à terme nuiront fortement à son équilibre psychique. Cela dit, ne vous inquiétez pas, toute maladie mentale a ses bénéfices secondaires, et un personnage totalement cinglé se verra offrir de nouvelles options, parfois très intéressantes, lors des dialogues. Tant mieux, car la question dans Stygian n'est pas de savoir si le personnage va devenir fou mais quand, et à quelle vitesse. Pour ralentir sa chute inévitable, il sera toutefois possible, à l'occasion d'un moment de repos, de passer un peu de temps à lire, ou de se consacrer à des recherches scientifiques, médicales ou occultes, occasion de récupérer un peu de santé mentale – on n'a rien inventé de mieux que le boulot pour se changer les idées.