Depuis deux ans, For Honor est au cœur d'une effroyable méprise. À chaque présentation, le jeu d'Ubisoft Montréal ressemblait un peu plus à une version TPS de Chivalry : Medieval Warfare, avec des assauts de châteaux, des hordes de soldats et des équipes de joueurs s'affrontant dans une mêlée informe, d'où jaillissaient des têtes coupées et des gerbes de sang. Bref, un jeu multi en ligne complètement lambda, avec des zones à capturer et tout le tintouin. Bien que tout cela existe dans For Honor, ce n'est pas ce que l'Histoire, avec un grand H, en retiendra quand il s'agira dans quelques centaines d'années de mettre à jour la notice biographique d'Yves Guillemot. Ce dont on se souviendra, ce sont les modes de jeu plus calmes, le duel et la rixe (du 2 contre 2, mais où chaque paire d'adversaires est quasiment séparée de l'autre dans deux duels parallèles), qui demandent patience, concentration et apprentissage et donnent lieu à des combats rapides, violents et intenses. Ici, plus question de donner de grands coups de battoir sans trop regarder, en sachant que de toute façon vous toucherez bien quelqu'un. Non, il faut observer l'adversaire et sa posture, idéalement avoir assez d'expérience pour connaître son personnage et savoir quels coups il peut préparer... Il faut essayer de déduire des premiers échanges de coups le style du duelliste et comprendre comment s'y adapter, tout en évitant de trop en dire sur sa propre façon de jouer. Il faut aussi profiter de son jeu de jambes pour bien se positionner, afin d'utiliser une contre-attaque pour jeter l'adversaire dans un feu ou, avec un peu de chance, dans le vide. Bref, il faut ralentir son rythme de jeu, calmer ses instincts primaires et faire appel à son expérience. Ou à défaut essayer d'en gagner.