Jour 1. Pas le temps d'admirer les éblouissantes étendues gelées, la communauté de quatre-vingts âmes (soixante-cinq adultes, dont quinze ingénieurs qualifiés pour les tâches intellectuelles, et quinze enfants) compte sur moi pour organiser sa survie. Le thermomètre indique −20 °C. J'assigne les adultes à la récolte de matières brutes présentes dans le périmètre – charbon, bois et métal – et ils se lancent péniblement, traçant des sillons dans une couche de neige qui leur monte jusqu'à la taille. Alimenté en combustible, le générateur se met en marche avec un couinement métallique inquiétant. S'il tombe en panne, c'est la mort assurée.

Jour 2. La population donne de la voix et porte une première revendication. La nuit passée sur le sol glacé au pied du générateur leur a visiblement déplu et ils réclament des abris. Je leur promets quelques tentes bâties rapidement, avant qu'un de mes conseillers ne m'explique que le peuple désire souvent les solutions les plus rapides, mais pas forcément les meilleures sur le long terme. Même après l'Apocalypse, il va falloir faire preuve de finesse politique.