En temps normal, les sports mécaniques, je m'en bats les rouleaux puissance mille. Je m'attendais donc à pas grand-chose en lançant le premier épisode de Le Mans sorti cet été sur Prime Video, la plateforme vidéo d'Amazon. Il s'agit d'une petite série documentaire retraçant l'édition 2015 de la célèbre course automobile inventée par François Fillon, empereur de la Sarthe. Blaise Pascal disait : « Qu'importe le sujet, si le docu' est bien foutu il sera passionnant », et cette phrase s'applique parfaitement à Le Mans. Alors bien sûr, ça parle de tutures qui font vroum-vroum sur un circuit pendant 24 heures, mais son angle humain est absolument captivant. On y découvre les coulisses de trois grandes équipes (Audi, Porsche, Nissan) et surtout les espoirs, les angoisses, les joies et les peines des pilotes, ingénieurs et patrons d'écurie qui se préparent souvent une année entière pour cette course impitoyable. En deux petites heures, j'ai connu tant d'émotions : je suis tombé amoureux de Mark Webber, j'ai vibré pour ce jeune anglais devenu pilote professionnel grâce à ses exploits sur Gran Turismo, j'ai eu envie de faire un câlin au patron dépressif de l'écurie Nissan, j'ai bondi de mon fauteuil lorsque la voiture d'un personnage attachant s'est crashée dans le décor... Parfois un peu trop « américain » dans son traitement, en particulier ses voix-off qui font dans la surenchère et quelques zooms faciles sur les larmes, Le Mans n'en reste pas moins un excellent documentaire qui parle finalement beaucoup plus d'êtres humains que de bagnoles.