La dernière fois qu'on avait joué à De Pictura, c'était il y a bientôt un an, lors de la première édition d'Indiecade Europe à Paris. À l'époque, le jeu s'appelait Fresco et c'était la première fois que son développeur, ancien d'Ubisoft qui se lançait en solo, le montrait timidement sur un coin de table. Depuis, De Pictura a enchaîné les festivals et tout gagné ou presque sur son passage. Il y a de quoi : si, à première vue, le jeu ressemble à un énième Portal-like avec des graphismes un peu plus ternes (les décors, des bunkers sur des plages nuageuses, rappellent le Boulonnais en automne, le vent qui arrache la peau en moins), De Pictura propose en fait des mécaniques inédites, qui titillent les neurones. Au départ, il suffit simplement de décrocher un tableau et de le placer devant ce qu'il représente dans le décor, en respectant la perspective, pour créer un passage. Mais bientôt il faudra jouer avec l'image. L'inverser, la rembobiner, l'arracher au décor... Je ne veux pas trop en dire, la découverte de ces mécaniques fait partie du plaisir. Tout comme, à chaque fois que l'on place un tableau, la vision du décor si marron qui d'un coup s'illumine et prend des couleurs.