Existe-t-il dans l'univers un matériau plus frustrant que la pâte à modeler ? Sur le principe, c'est pourtant prometteur : on a un bloc coloré et malléable dont on peut faire ce qu'on veut. En pratique, non seulement on n'arrive jamais à concevoir quoi que ce soit qui ressemble à quelque chose (à moins de chercher à faire une grosse corde, un serpent ou une saucisse, à la rigueur une crêpe, là ça va, c'est facile, mais on s'en lasse), mais en plus la pâte à modeler vient entourée de toutes sortes de règles. Il ne faut ni la manger ni la renifler (on ne peut vraiment plus rien faire en France), ni même mélanger les différentes pâtes de couleur entre elles, sous peine de les perdre définitivement, remplacées par un unique bloc de couleur moche (avec de petits éclats des anciennes couleurs de-ci de-là). Bref, la pâte à modeler apprend dès le plus jeune âge à revoir ses rêves à la baisse. Mais tout ça, c'était avant Claybook. Ici, vous évoluez dans des décors tout de pâte à modeler, à l'architecture enfantine mais recherchée. Un paysage que vous, qui êtes aussi une boule de pâte à modeler, allez consciencieusement saboter et détruire pour parvenir à vos fins.