World of Warplanes a vu le jour trois années après World of Tanks, mais l'accouchement fut plus difficile que celui de son aîné. Douloureux. Suite à l'intervention de quelque obstétricien bourré au calva, qui a confondu le forceps avec une clé anglaise, le petit frère de la poule aux œufs d'or de Wargaming s'est révélé être un poussin boiteux et contrefait. Pour ses quatre ans (comme le temps passe, on ne l'a pas vu grandir… Faut dire qu'on l'avait enfermé à la cave), Wargaming a décidé de lui offrir une séance de chirurgie réparatrice. La version 2.0 de WoWP est disponible depuis fin octobre et il faut reconnaître qu'il y a du mieux. Côté graphique, d'abord : le jeu est plus agréable à l’œil et, surtout, plus fluide. Côté modes de jeu, ensuite, avec des zones à capturer, plusieurs réapparitions possibles et l'arrivée de bombardiers jouables. Côté prise en main, enfin : les sensations de vol sont indéniablement meilleures et la disparition de l'assistance à la visée – forçant les joueurs à estimer la déflexion nécessaire à appliquer sur leurs tirs, autrement dit à quel point il faut viser « devant » le nez de leur cible – rend les combats plutôt plaisants. Ne vous méprenez pas : WoWP reste d'obédience arcade et dénué de toute velléité de simulation. Mais ses matchs à mort ennuyeux ont laissé place à des cartes de conquête un peu plus subtiles, nécessitant un minimum de coordination d'équipe pour espérer l'emporter. La copie n'est pas parfaite (pour qui a tâté War Thunder, le système de points de vie sur des avions relève de la préhistoire ; de plus, les parties sont souvent répétitives et trop courtes) mais même s'il ne briguera pas le prix du jeu de l'année, World of Warplanes est au moins devenu fréquentable.