La Première Guerre mondiale, sur le front de l'Ouest, c'était quand même une douce rigolade. Les soldats faisaient des concours de barbe, ils buvaient du thé et ils jouaient au foot les jours fériés. Pas vraiment la même ambiance que sur le front de l'Est, où les Allemands et les Russes s'étripaient en mangeant de la fange au volant de Lada obsolètes. Après avoir retranscrit une guerre de tranchées statique et bien organisée avec Verdun, M2H et Blackmill Games se sont ainsi attaqués au chaos monstrueux de la bataille de Tannenberg (Pologne, 1914), dont le bilan monta à près de 100 000 morts. Une violence que Tannenberg s'attache à retranscrire non pas visuellement (faute de gore) mais plutôt par le rythme infernal des combats. Les données du problème sont simples : soixante-quatre soldats, répartis en deux factions, doivent capturer une carte divisée en plusieurs secteurs au moyen de fusils, de baïonnettes et de grenades rudimentaires. Une balle, deux tout au plus, suffisent pour succomber. Dans un autre jeu, tout ça aboutirait à des combats prudents et méthodiques. Dans Tannenberg, au contraire, cela donne de l'audace.